L’introduction en France d’une manière illégale des cigarettes fabriquées en Algérie inquiète sérieusement certains politiques français qui estiment que cette contrebande présente un danger sur cette activité dans leur pays. Le député Charles de Courson, membre du parti “les Centristes”, a adressé une question écrite au ministère de l’Action et des Comptes publics au sujet de la lutte contre le commerce illicite du tabac. Dans sa missive, le député signale que “la principale source d’approvisionnement du marché français, demeure l’Algérie”. D’après lui, la France “détient le record du volume de cigarettes illicites dans l’Union européenne”. Celui-ci cite le rapport “SUN” de KPMG, qui indique que “les flux sortants de l’Algérie vers la France sont estimés à 3,19 milliards de cigarettes (+ 300 % depuis 2012) dont 87 % issus de la contrebande”. Le représentant du peuple fait référence également à une déclaration de Nicolas Ilett, directeur général de l’Office européen de lutte anti-fraude (OLAF), qui aurait reconnu en avril dernier qu’il “existe des indications préoccupantes sur le fait que des produits, fabriqués en Algérie pour le marché nord-africain, traversent la Méditerranée dans des volumes plus importants que ceux qui pourraient être justifiés”. “Pour mettre fin à ces réseaux parallèles de cigarettes, qui arrivent en masse, il apparaît urgent de mettre en œuvre, un vrai plan de coopération avec les autorités algériennes”, ajoute le député. Même s’il est interdit de faire sortir des aéroports et ports algériens de grandes quantités de cigarettes, certains voyageurs réussissent quand même à prendre avec eux, en allant en France, bons nombres de “cartouches” qui leur permettent de se faire des bénéfices importants. Un paquet de Marlboro coute en Algérie 250 dinars (1.70 euros environ) alors que son prix en France est de 7 euros (près de 1000 dinars au taux de change officiel). Ainsi, vendre en France ou ailleurs en Europe la cigarette fabriquée en Algérie est une affaire très lucrative pour les contrebandiers. Ce qui constitue un manque à gagner énorme pour l’industrie du tabac en France.

Elyas Nour