La vie nocturne peine  reprendre ses droits  Alger. L’opération d’embellissement des rues de la capitale entreprise par l’APC d’Alger-centre, n’a pas totalement donné ses fruits

C’est tellement beau de voir Alger reprendre sa blancheur d’antan, mais au bout du compte, ce n’était pas ce qui manquait aux Algérois pour les persuader à sortir la nuit. Plus casaniers qu’eux, y en a pas ! Autant dire que les séquelles de la décennie noire ne se sont pas tout à fait effacées. En effet, des façades ont été rabotées et couvertes de marbre et d’une couche de peinture blanche, histoire de respecter cet aspect authentique de l’architecture d’Alger. Les commerçants ont changé les enseignes de leurs magasins, les cafétérias sont désormais dotés de wifi. Les restaurateurs gardent leurs service jusque tard dans la nuit.

Ils étaient, pour la plupart, contraints, dans le cadre de cette initiative, de mettre la main à la poche pour redonner un nouveau visage à leurs échoppes peu enthousiastes d’ailleurs par ses dépenses imprévues. Malgré tout cela, hormis les couche-tard, elles ne sont pas nombreuses les familles qui se baladent la nuit. Qu’est-ce qui peut bien les dissuader pour le faire donc ? Ont-elles peur ?

Si c’est le cas, que craignent-elles au juste ? Pour les commerçants, tant que les problèmes de sécurité et de stationnement persistent, l’animation ne reviendra pas sur Alger-Centre. Les moyens de transport, la sécurité et l’éclairage sont autant de facteurs qui découragent les familles d’aller se balader la nuit.

C’est le cas aussi, pour les commerçants qui hésitent à ouvrir leurs magasins au-delà de 20 heures. Il n’est guère aisé de donner cet aspect festif à Alger. Pour réussir le pa- ri, tout le monde doit s’y mettre. Encourager certaines institutions comme les bureaux de poste, l’état civil, les banques à ouvrir la nuit, ce qui favorise le climat aussi bien pour les citoyens que pour les commerçants.

Outre les activités divertissantes tels que le cinéma le théâtre, les services sociaux et culturels sont également appelés à organiser des activités culturelles nocturnes, pour attirer et inciter la population à sortir la nuit et créer une ambiance dans la société, ce qui rendra nos villes plus vivantes. Revenant un peu sur cette opération.

Il s’agit en plus du lifting des artères principales de la capitale, d’une campagne d’assainissement, qui a touché les quartiers d’Alger-Centre durant toute la semaine du 2 au 7 juin derniers. Objectif : offrir aux Algérois, aux visiteurs mais aussi aux touristes, un cadre de vie calme et propre.

Cette opération consistait à débarrasser les 1 800 immeubles de la commune des objets encombrants, inutiles et qui ternissent les quartiers. Pour une fois depuis quelques années d’hibernation, que les citoyens et les services municipaux coordonnent leurs efforts pour vider les terrasses et caves de leurs immeubles, des dépôts sauvages et objets inutiles. Faire vivre la ville d’Alger est le vœu de tout un chacun.

Les commerçants essaient un tant soit peu, pas tous ! Il faut oser le dire, de donner l’exemple en décidant de reprendre l’activité nocturne. Mais pour cela, ils ont besoin du soutien des autorités qui doivent assurer l’éclairage et la sécurité. Le transport aussi devra suivre, il ne faut surtout pas attendre l’avènement du Ramadhan pour le faire.

Lu sur Les Débats 

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