Les conséquences de l’état d’urgence décrété en France, suite aux attentats terroristes qui ont ciblé la capitale française le 13 novembre dernier, sont fâcheuses, notamment pour les musulmans installés dans ce pays. C’est le cas pour Daoud, un jeune non-voyant de 21 ans qui, pour s’être rasé la barbe a été accusé de radicalisation, nous apprend la radio française Beur FM. Il se trouve aujourd’hui obligé de pointer au commissariat de police trois fois par jour.

L’état d’urgence renforce les pouvoirs des appareils sécuritaires qui sont libres d’agir à leur guise dans le but d’entretenir le calme et assurer la sécurité publique. C’est dans ce contexte tendu que Daoud, 21 ans et non-voyant, se trouve aujourd’hui martyrisé par les services de sécurité français. Le seul motif qui a poussé les enquêteurs à suspecter Daoud est une plainte portée contre lui par sa voisine pour radicalisation, car… il s’est rasé la barbe ! Depuis, Daoud n’a plus connu une journée de répit.

«Perquisition, garde à vue, brimades et assignation à résidence, Daoud doit désormais pointer trois fois par jour au commissariat, loin de chez lui, sans voiture, accompagnateur ou même canne blanche, confisquée par les policiers lui affirmant que « sa cécité n’était pas avérée », a dénoncé la radio Beur FM sur sa page Facebook, qui appelle les volontaires à venir en aide à cette personne handicapée en la soutenant ou l’accompagnant.

Il est à signaler que les ressortissants de confession musulmane sont ces jours-ci la cible, en France, de la haine résultant de l’amalgame entre islam et terrorisme.

Même la presse française commence à tirer la sonnette d’alarme face à cette situation inquiétante provoquée par l’état d’urgence. Le quotidien français Le Monde vient de créer un blog intitulé « Observons l’état d’urgence », afin de suivre l’application de ces mesures exceptionnelles et de leurs éventuels abus, a expliqué le journal sur son site, en lançant aussi un appel aux témoignages.

Ce média avait recensé de nombreuses dérives commises lors de plusieurs perquisitions arbitraires qui ciblaient des français d’origine maghrébine même n’entretenant aucune relation avec des milieux extrémistes. « La France s’installe, pour une longue période, dans un régime dérogatoire aux libertés publiques. Le pouvoir administratif prend le pas sur le judiciaire. Nous avons donc décidé d’expérimenter sur ce blog un observatoire de l’état d’urgence », explique Le Monde.

Nourhane S. 

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