L’affaire de camp de toile de Béjaïa prend des proportions politiques. Le député FFS Chafaâ Bouaîche accuse, dans une correspondance adressée au ministre de la Jeunesse et des Sports, les responsables de l’Agence nationale pour le loisir de la jeunesse (ANALJ) d’avoir détourné au moins 14 milliards de centimes en surfacturations.

« Pour le seul centre de Béjaia, l’ANALJ a signé une convention avec une agence de tourisme pour la prise en charge de 1700 jeunes, durant cinq semaines, à raison de 4000 dinars par personne et par jour. Un simple calcul vous montrera que le budget est de l’ordre de 23 milliards de centimes. Sur le terrain, l’agence de tourisme a signé une convention avec la direction du camp de toile pour seulement 1500 dinars par personne et par jour. Un simple calcul révèle le détournement de quelques 14 milliards de centimes ! », écrit le parlementaire qui demande au ministre d’ouvrir « une enquête » sur cette agence. « Détourner l’argent destiné à la prise en charge de jeunes algériens est un crime commis par les responsables de l’ANALJ ! ».

Cette lettre du député fait suite à une bagarre qui a eu lieu récemment entre des jeunes venus de Béchar et des habitants de la localité. Suite à ces incidents, qui se sont produits également à Oran, les jeunes venus du sud du pays ont été évacués vers d’autres camps.

Contacté, un responsable du camp de Souk El-Tenine dément la surcharge du site. « Nous disposons de 40 000 m2 et nous avons pour habitude de recevoir jusqu’à 2000 personnes », précise le responsable qui a requis l’anonymat. Ce dernier impute les incidents qui se sont produits au manque d’encadrement de ces jeunes venus du sud du pays. En attendant, le ministère de la jeunesse et des Sports semble avoir ouvert une enquête sur cette affaire léguée par l’ancien ministre, Abdelkader Khomri.

  Essaïd Wakli

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