Les élections locales du 29 novembre coûteront 31 milliards de dinars à l’Algérie, soit 310 millions d’euros, 3 fois plus chères que celles organisées par la France. Ces élections, au vu du peu intérêt que leur portent les Algériens, valent-elles méritent-elles ce coût ?

Le gouvernement a publié les coûts réels du prochain scrutin algérien dans le Journal Officiel. Parmi les 31 milliards, plus de 30 milliards de dinars de cette enveloppe sont justement accordés au ministère de l’Intérieur, chargé organisation du scrutin. Avec 20 millions d’électeurs algériens, le vote d’un électeur revient donc à 15,5 dinars.

Une somme justifiée ?

Les élections locales coûtent-elles cher ? Elles sont chères, surtout en comparaison d’autres pays, comme la France.

En France les élections municipales de 2008 ont coûté 126 millions d’euros, (en 2001 102 millions en 2001) soit presque trois moins cher que les algériennes, qui reviendront environ à 310 millions d’euros. Si l’état algérien dépense 15,5 dinars par électeur pour ce scrutin, l’état français dépense 0,80 euros pour chaque électeur des élections locales.

L’Algérie dépense plus que la France, alors que l’Hexagone compte plus d’habitants et plus d’électeurs et surtout est divisé en plus de communes que l’Algérie. Les élus, les bureaux de vote sont plus en plus grand nombre, et le budget communication a un poids conséquent dans la campagne électorale, dans laquelle l’état participe en partie.

Où va l’argent ?

Le quotidien TSA explique que la moitié du budget prévu, soit 14,9 milliards de dinars, est prévu pour l’administration centrale du département de Dahou Ould Kablia. La Commission nationale de surveillance des élections locales coûtera quant à elle 123 millions de dinars.

Le ministère de la Justice bénéficie pour sa part de 403 millions de DA entièrement réservés à la préparation et à l’organisation du scrutin alors que 572 millions de dinars sont accordés au ministère de la Communication.

Pourquoi tant d’argent mis sur la table, pour un scrutin qui risque de connaître plus d’abstention que de participation ? Seuls 20 millions d’électeurs sont concernés, et il se pourrait que seule la moitié glisse son bulletin dans l’urne.

Amina Boumazza