Le constat est malheureusement édifiant en matière de politique du livre en Algérie et du goût pour la lecture en général.

Des textes juridiques trop rigides contraignent tant les éditeurs nationaux qu’étrangers à délaisser bon gré mal gré ce créneau. Non seulement le secteur de l’édition n’est pas subventionné par l’Etat comme sous d’autres cieux, mais pire encore, tout est fait pour briser le peu de volonté qui reste aux professionnels de l’édition.

Sinon l’on voit mal pourquoi imposer aux éditeurs d’augmenter leur capitale à deux milliards de centimes si ce n’est pour saper le moral de ces derniers et leur enlever tout goût de créativité et de production éditoriale..

Autre fait saillant : les prix. Le livre en tant que support didactique et élément important dans la diffusion de la culture et de la connaissance en Algérie, reste souvent hors de portée des bourses moyennes, et ce, même s’il est produit localement.

Reste désormais dans la cour que les tenants de la médiocrité, avec leur semblant de littérature qui n’augure rien de bon pour les jeunes lecteurs algériens. D’ailleurs, la désaffection affichée par ces derniers démontre, on ne peut plus clair, leur détachement de tout ce qui touche à l’écrit.

Normal dirait certains, à l’ère de l’Internet, du téléphone portable et autres « joujoux » technologiques, il reste peu de place pour le livre.

Pour ce qui est de la production locale, hormis le romantisme béatifique, et le religieux très prolifique, il n’existe pratiquement plus d’œuvres littéraires au sens profond du mot. L’on voit souvent émerger des ramassis de textes sous formes d’essais ou de timides tentatives en quête d’appuis qui rarement se voient édités outre mer.

De l’aveu même des responsables en charge de ce secteur, il n’existe pas de réelle volonté de la part des pouvoirs publics afin de redonner aux jeunes le goût de la lecture. D’autre part, le chef du département de bibliothéconomie à l’Université d’Alger évoquera la relation entre politique du livre et le volet formation et la manière dont l’Institut de bibliothéconomie s’implique dans la problématique du livre.

Selon lui, il ne peut y avoir maîtrise de la politique du livre s’il n’y a pas de professionnels sur le marché, d’où l’impérative de la formation de responsables.

R. Mahi.

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