Oran s’apprête à accueillir dès jeudi la 3ème édition du festival international du film arabe, un événement qui la consacre capitale du cinéma arabe sept jours durant.
Avec cette 3ème édition, le tapis rouge sera déroulé avec un programme riche et varié mettant en lice 12 films dans la catégorie longs-métrages, 15 courts-métrages et 6 autres œuvres qui seront projetés en hors-compétition. Cinéphiles ou simples spectateurs pourront ainsi approcher pour voir ou revoir de visu de nombreuses stars algériennes et étrangères, dont des icônes du cinéma arabe à qui ils voudront serrer la main ou prendre une photo à leurs côtés, juste pour le plaisir.
Un séminaire de deux jours ayant pour thème «le cinéma arabe, entre les visions classique et moderne» sera animé par plusieurs spécialistes les 27 et 28 juillet au Royal Hôtel d’Oran. Une autre réunion poursuivant le même objectif, en l’occurrence celle des présidents des festivals du cinéma arabe est programmée avec, au menu, une discussion autour du projet de mise sur pied d’une charte déontologique spécifique à l’organisation des festivals cinématographiques, une quinzaine de participants de différentes nationalités ayant confirmé leur présence à Oran dans ce cadre. Les médias participeront à un concours initié à cette occasion pour récompenser la meilleure critique, la Plume d’Or, avec un prix substantiel de 5.000 dollars.
Selon les organisateurs, 10 candidatures à la Plume d’Or ont été enregistrées, 3 journalistes nationaux et 7 de représentants des médias d’autres pays arabes. Environ 300 participants sont attendus au festival où ils seront d’abord conviés à la cérémonie d’ouverture prévue jeudi 23 juillet au Théâtre régional (TRO) qui porte le nom de feu Abdelkader Alloula (1929-1994), artiste algérien auquel un hommage sera rendu à titre posthume en signe de reconnaissance pour la qualité de son parcours artistique.
Deux autres personnalités culturelles arabes seront également honorées à cette occasion pour leur talent et génie créatif, à savoir le réalisateur palestinien Rachid Mechahraoui et l’actrice égyptienne Yousra.
Le cinéaste Rachid Mechahraoui, qui préside le jury d’évaluation des longs-métrages en compétition à cette édition, proposera au public du festival son dernier-né, «L’anniversaire de Leila» qui a déjà remporté une dizaine de prix à travers le monde et qui sera projeté à Oran en «hors-concours». A travers Rachid Mechahraoui et d’autres cinéastes palestiniens telles Annemarie Jacir et Cherine Debs, en lice toutes les deux pour l’Ahaggar d’or du long-métrage avec deux films intitulés respectivement «Le sel de cette mer» et «America», les organisateurs ont tenu à marquer cette édition en la dédiant au peuple Palestinien et au combat qu’il mène pour se libérer du joug colonial israélien.
Des courts-métrages de réalisateurs palestiniens figurent également au menu de cette manifestation qui sera marquée, en outre, par des projections d’autres films chaque soir en plein air (ciné-bus), sur les grandes places publiques d’Oran et de différentes wilayas de l’Ouest du pays.

Opportunité

Selon les observateurs, ce festival constitue une opportunité pour la mise en relief du 7ème art algérien et de la persévérance des intervenants du secteur à l’instar du cinéaste Ahmed Rachedi qui est, lui, en compétition avec son nouveau long-métrage «Mustapha Benboulaïd», ou d’Abdelkrim Bahloul qui participe, pour sa part, avec une projection en avant-première mondiale de son film «Voyage à Alger».
L’intérêt de l’assistance est porté dans ce même contexte vers la présence espérée de figures célèbres telle la libanaise Haifa Wahbi qui fait son entrée à l’écran avec un rôle qui contraste fortement avec sa réputation de chanteuse sulfureuse, interprété dans «Doukan Shehata» (la boutique de Shehata), du réalisateur égyptien Khaled Youcef, en compétition au festival. L’Egypte participe avec deux autres longs-métrages, «Khaltet Fouzia» de Majdi Ahmed Ali et «Mécano» de Mahmoud Kamal.
Dans cette même catégorie en lice pour l’Ahaggar d’or, figurent également les films syriens «Leil Touil» de Hathem Ali et «Ayam Edhajar» (jours d’ennui) de Abdellatif Abdelhamid qui décrocha l’Ahaggar d’Or de la 2ème édition avec «Kharidj Ettaghtia» (Hors Zone), «Casa Negra» du réalisateur marocain Noureddine Lakhmari, « Ciné Citta» du Tunisien Brahim Latif, et «Daira» signé Nouaf El-Jounahi des Emirats arabes unis. Le jury pour l’évaluation des longs-métrages que préside Rachid Mecharaoui est également composé de grands noms du cinéma et de la critique tels Ouassini Laaraj, Kelthoum Bourenaz, Nabila Abid, Ouaha Eraheb, Meriem El-Ghamedi Mohamed et Mustapha El-Mesnaoui.
Le second jury (couts-métrages) est présidé quant à lui par l’écrivaine libanaise Claudia Marachalian assistée de Khadouja Sabri, Abderrahmane Nejdi, Ahmed Fayek Hamza et Rym Takoucht. La remise des prix aux lauréats du festival est prévue lors de la soirée de clôture, le 30 juillet au Théâtre de verdure Chakroun-Hasni, agrémentée par un concert de raï moderne qu’animera un des chantres du genre, cheb Bilal, au bonheur de ses fans et du large public qui aura assurément pris autant de plaisir à assister, deux jours auparavant, le 28 juillet, au concert de la chanteuse libanaise Najoua Karam.

Avec Le Financier

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