En Algérie, le PIB est de 215 milliards de dollars en 2013 et Alger affiche 200 milliards de réserves de change. Ces données laissent penser que le pays est riche. Pourtant le PIB par habitant est d’environ 5 500 dollars par habitant, soit un peu moins du double du Maroc. La richesse est donc toute relative.

Atlantico : L’Algérie accuse un paradoxe surprenant : le pays est riche, parmi les plus puissants d’Afrique, mais pourtant sa population connait la misère. Elle est jeune, et souffre de chômage, sans pouvoir voir la couleur des richesses dues aux hydrocarbures. Que faire pour remédier à cette situation ?

Mehdi Lazar : Tout d’abord, effectivement le pays est relativement riche: le PIB par habitant y est d’environ 5 500 dollars par habitant, soit un peu moins du double du Maroc, tandis que le PIB est de 215 milliards de dollars en 2013 et Alger affiche 200 milliards de réserves de change. Ces données laissent penser que l’Algérie est riche, et il s’agit certainement de la principale puissance économique du Maghreb. En revanche, le PIB par habitant y est toujours 8 fois moins élevé que le français, cette richesse est donc toute relative.

Cependant, bien que les indicateurs macroéconomiques se soient améliorés, les conditions de vie de nombreux Algériens se détériorent. Les inégalités augmentent en raison de l’inflation, notamment l’augmentation du prix des matières premières, tandis que le marché de l’emploi n’est pas assez dynamique pour intégrer les jeunes sortant du système éducatif. Ce dernier n’étant par ailleurs pas assez performant pour stimuler la création de richesses.

Ainsi, si le taux de chômage est officiellement d’environ 10%, il est en réalité probablement autour de 20% et touche notamment certaines régions et catégories de la population. Plus précisément, la jeunesse qui représente environ 70% du pays souffre de conditions de vie difficiles et d’un chômage estimé à 30%.

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