La mobilisation citoyenne anti-gaz de schiste dans la wilaya de Tamanrasset, l’extrême sud-est du pays, ne faiblit pas. Initié le 1er de ce mois de janvier par le collectif d’associations et des citoyens anti-gaz de schiste à In Salah, une daïra située à environ 700 km au nord du chef-lieu de wilaya, le mouvement de protestation entame ce mardi son sixième jour consécutif. Un fait inédit dans la région.

Les étudiants du Centre universitaire de Tamanrasset se sont joints ce mardi 6 janvier 2014 au mouvement de protestation anti-gaz de schiste qui ébranle la ville d’In Salah depuis maintenant six jours. Tôt dans la matinée, ils se sont rassemblés devant le portail de leur institution avant d’entamer une marche vers le siège de la wilaya où ils ont observé un sit-in, a-t-on appris de sources concordantes. Une délégation de représentants des étudiants devait être reçue par le wali en milieu d’après-midi, ajoute-t-on de mêmes sources.

Une autre marche a eu également lieu dans la ville d’In Salah où le mouvement a été déclenché le jour de l’An. En outre, plusieurs centaines de manifestants sont en campement permanent devant le siège de la daïra. Venus de plusieurs localités de la région comme Ingher, Thit et Aoulef (wilaya d’Adrar), ces citoyens anti-gaz de schiste affirment « ne pas décamper s’il n’y a pas un engagement concret de la part des pouvoirs publics à arrêter l’exploitation de ce gaz aux conséquences néfastes sur tous les habitants du Sahara ».

Toutes les tentatives des autorités et élus locaux à tuer dans l’oeuf ce mouvement qui risque de faire tâche d’huile dans tout le pays n’ont pas entamé la détermination des manifestants. Ceux-ci accusent en effet les pouvoirs publics de « jouer la carte de l’usure en essayant de gagner du temps à travers l’intermédiation d’élus qui ne représentent qu’eux-mêmes et de responsables locaux qui ne sont pas habilités à prendre la décision d’arrêter l’exploitation du gaz de schiste ». « Le chef de daïra (d’In Salah) nous a dit avant-hier (dimanche dernier) qu’une telle décision les dépassaient et qu’une délégation ministérielle viendrait à notre rencontre.Hier (lundi), le wali de Tamanrasset s’est déplacé à bord d’un hélicoptère militaire pour nous rencontrer au siège de la daïra d’In Salah. Mais ses réponses n’ont convaincu personnes. Il jouait sur les most en disant qu’on est juste en phase d’exploration et non d’extraction. Mais la revendication des citoyens est claire: on veut l’arrêt immédiat de toute opération liée à l’exploitation de ce poison », affirme un militant anti gaz de schiste, joint au téléphone. Nos interlocuteurs affirment que la venue de Sellal est la condition sine qua non pour l’amorce d’un dialogue sérieux.

Ce mouvement de protestation, faut-il le souligner, a atteint son paroxysme lundi lorsque plusieurs milliers de citoyens de tout âge et des deux sexes se sont rassemblés devant le siège de la daïra durant une bonne partie de la journée pour dire « Non au gaz de schiste ».