Étonnants tout de même ces crimes en pleine période électorale. Pourraient-ils profiter à un candidat et/ou à un système sécuritaire ?

Vous connaissez forcément le classique du vitrier envoyant des enfants casser les vitres du voisinage et passant peu après pour proposer ses services.

Si un type d’événement comme l’agression de Paul Voise en 2002 qui avait joué un rôle important dans le tournant sécuritaire de l’élection se produisait aujourd’hui, cela ficherait la candidature de M. Sarkozy par terre, tout le monde dirait que rien n’a changé en termes d’insécurité. Mais là, face à ce degré infiniment supérieur de violence, il est possible de dire « Nous n’en avons pas fait assez, laissez-nous continuer pour aller plus loin et éradiquer définitivement l’insécurité. »

Je rappelle que l’affaire Paul Voise qui s’était fait frapper chez lui et dont la maison avait été saccagée, avait probablement contribué à ce que les deux « champions » de la lutte contre l’insécurité se retrouvent au second tour. Et aujourd’hui, chacun des protagonistes rêve de se retrouver en face de Mme Le Pen pour être sûr d’être élu grâce au « sursaut républicain ».

Du côté prétendument opposé aussi, on peut avoir intérêt à susciter dans le public cette peur et cette indignation pour démontrer que la politique sécuritaire du gouvernement n’a rien amené, au contraire, les violences empirent. Mais la gauche ne pourra pas, me semble t-il, argumenter là-dessus car elle se ferait accuser de récupération malsaine.

Et les marchands de systèmes de surveillance, n’ont-ils pas intérêt à de tels agissements ?

Moi qui n’ai pas la télévision, j’ai entendu sur France Info que, dans le quartier pourtant réputé calme où s’est passé le drame devant le collège, il y avait des caméras de surveillance… caméras qui, à n’en pas douter, permettront de mettre la main sur le criminel, trop tard cependant car il aura eu la bonne idée de se (faire) suicider.

D’autres hypothèses de coup tordu sont envisageables, notamment pour continuer à instiller cette peur de l’autre qui s’impose sournoisement et qui amène le citoyen à aller se réfugier dans les bras forts d’un état qui serait là pour le protéger ; générant ainsi un renoncement au libre arbitre pour s’en remettre à la Parole venant d’en haut.

Élucubrations ? J’aimerais le croire.

Je trouve très bien qu’une minute de silence ait été observée dans les établissements scolaires le 20 mars. Mais si l’on devait observer cette minute de silence pour les enfants tués par un barbare en Syrie ou ailleurs, pour les enfants tués sous les missiles palestiniens ou par l’armée israélienne, pour tous ses enfants qui meurent tous les jours de malnutrition alors que d’autres s’empiffrent, jettent et brûlent leurs excédents, lavent leur toto ou leur terrasse avec l’eau potable, c’est pendant plusieurs jours que l’on devrait garder le silence !

Jean-Louis Valette

Simple citoyen français