Pour sa première grande sortie médiatique depuis le dépôt du dossier d’agrément de son parti politique, Ali Benflis a employé des mots d’une rare virulence contre le pouvoir et, plus particulièrement, le chef de l’Etat.

L’ancien Premier ministre, Ali Benflis, constate que le pays vit une vacance de pouvoir. “Notre pays n’est plus dirigé et n’est plus gouverné. Il n’est plus incarné ni à l’intérieur ni à l’extérieur. A l’intérieur, les manifestations, les émeutes et les foyers de crises et de tensions qui se multiplient dans des régions entières sont livrés au pourrissement et sont loin de faire l’objet d’un traitement et d’une prise en charge conformes aux exigences d’une gouvernance présente, clairvoyante, confiante et sûre d’elle-même”, a-t-il déclaré d’emblée lors d’une conférence de presse animée ce mardi 13 janvier 2015 à Alger.

“Lorsqu’un pouvoir personnel fait primer le souci de sa durée sur toute autre considération et lorsqu’un régime politique place ses intérêts propres au dessus de l’intérêt général, l’aboutissement d’une telle logique ne peut être qu’un Etat fragilisé, une nation menacée dans sa cohésion et une société dévitalisée. C’est là que résident les véritables menaces et les ressorts de l’instabilité qui guettent notre pays”, analyse l’ancien candidat à l’élection présidentielle. Pour illustrer son propos, il donne l’exemple de la gestion de la crise née de la baisse des prix du pétrole. “… nous attendons aussi du gouvernement qu’il nous dise avec franchise et rigueur quel est l’objectif global d’économie que le pays devra viser pour compenser cette perte considérable de recettes”, lance-t-il en direction de l’Exécutif.

Et l’ancien patron du Front de libération nationale (FLN) de renchérir : “Les économies à faire étant chiffrées, nous attendons du gouvernement qu’il nous informe en toute transparence et en toute honnêteté sur les domaines, les secteurs et les activités qu’il aura identifiés comme source de ces économies à réaliser. Nous attendons enfin du gouvernement qu’il sorte de l’opacité et de l’ambiguïté et qu’il nous communique clairement les décisions et les mesures prises pour rendre ces économies à faire effectives”.

Le parti de Benflis, “Avant-garde des libertés”, faut-il le souligner, n’est toujours pas agrée.

Essaïd Wakli