Des migrants subsahariens, transitant par la Libye pour rejoindre l’Europe, sont “écoulés”, telles de vulgaires marchandises, par des réseaux mafieux sur des marchés d’esclaves. Au moment où ils franchissent la frontière libyenne, ces migrants venus de plusieurs pays africains sont capturés et vendus à des Libyens qui leur font subir les pires sévices.   

Se basant sur les témoignages de plusieurs dizaines de personnes, l’Organisation internationale pour les migrants (OIM), a affirmé dans un récent rapport, que «des migrants, généralement des Subsahariens, étaient vendus et achetés par des Libyens, avec l’aide de Ghanéens et de Nigériens».

Mettant en relief le témoignage poignant d’un Gambien, sauvé in extremis par une âme charitable à Tripoli, le rapport explique comment ces migrants, échappant à la misère dans leur pays, finissent captifs dans des caves ou des immeubles isolés où «ils sont battus tous les jours et forcés à appeler leurs proches pour payer leur libération». Selon le même rapport, «il aura fallu neuf mois au père de l’esclave gambien pour collecter assez d’argent pour sa libération, après avoir vendu la maison familiale». Le captif a ensuite été emmené à Tripoli où il a été abandonné alors que son état de santé était dégradé.

Ce Gambien, répondant au nom d’Adam, a ajouté que «des femmes étaient aussi achetées par des particuliers -des Libyens d’après un témoin- et emmenées dans des maisons où elles étaient traitées comme des esclaves sexuelles».

Déplorant la réapparition de telles pratiques qui profitent du chaos prévalant en Libye, le porte-parole de l’OIM à Genève, M. Leonard Doyle a déclaré que «les migrants qui se rendent en Libye pour tenter d’atteindre l’Europe n’ont aucune idée de la torture qui les attend juste de l’autre côté de la frontière (…) Ils y deviennent des marchandises à acheter, vendre et jeter lorsqu’elles ne valent plus rien».

Selon lui, l’OIM tient à recueillir le maximum de témoignages de migrants ayant souffert et ce, dans le but de les diffuser dans les médias sociaux et sur les stations de radio locales. Malheureusement, dit-il,  « les messagers les plus crédibles sont des migrants (…) brisés, car ils ont subi les pires services», a-t-il conclu.

Massi M.