Incapable de faire face à l’informel, le gouvernement se cherche des voies de secours. En déplacement à Constantine, le ministre du Commerce indique que la multiplication des grands espaces commerciaux est «la solution » pour mettre fin à l’informel.

«Les transactions commerciales sans factures ont atteint au premier semestre 2017, 69 milliards de dinars et pour mieux maîtriser le secteur, il serait nécessaire de multiplier autant que possible les grandes surfaces de distribution et de commercialisation», a en effet affirmé Ahmed Saci. Pour le ministre, qui s’est rendu dans plusieurs espaces commerciaux privés dans la ville de Constantine, «l’Algérie pourrait abriter jusqu’à trois cent (300) grandes surfaces commerciales», soulignant que cette forme d’organisation du commerce contribuera à la «réduction des transactions commerciales illicites, l’amélioration de la qualité des produits et la  maîtrise des prix des produits alimentaires».

Sauf que le ministre, tout comme l’ensemble gouvernement, n’a pas dit comment il compte faire face à l’économie informelle. Car, la construction de grandes surfaces à elle seule ne suffira pas à arriver à bout d’un phénomène difficile à concurrencer : le commerçant qui active dans l’informel n’a aucune charge à payer. Il vend donc moins cher.

Selon des statistiques de l’ONS, 45% de l’économie algérienne sont dominés par le secteur informel. Cela représente plus de 100 milliards de dollars. Mais les autorités ne savent pas comment affronter un phénomène qui existe même au sein des institutions de l’Etat.

Rania Aghiles