Le premier ministre tunisien, Hamad Jebali, a annoncé sa démission, mardi 19 février, après l’échec de sa tentative de former un gouvernement apolitique. « J’ai promis et assuré qu’en cas d’échec de mon initiative je démissionnerais de la présidence du gouvernement et c’est ce que je viens de faire », a-t-il dit, dans une déclaration retransmise en direct à la télévision à l’issue d’une entrevue avec le chef de l’Etat, Moncef Marzouki.

Hamadi Jebali avait reconnu lundi que les principaux partis politiques tunisiens n’avaient pas réussi à s’accorder sur la formation d’un nouveau gouvernement d’experts indépendants qu’il préconisait après la tourmente provoquée par l’assassinat de l’opposant de gauche Chokri Belaïd, le 6 février. Pourtant, M. Jebali espérait toujours lundi qu’un compromis passant par « une autre forme de gouvernement » soit possible.

ENNAHDA FAVORABLE À UNE COALITION AVEC LES LAÏCS

Hamadi Jebali a également laissé entendre que les incertitudes sur la date des prochaines élections législatives et l’achèvement des travaux de l’Assemblée constituante avaient contribué à l’échec des négociations. Le parti Ennahda, principale formation politique du pays, dont est issu Hamadi Jebali, a refusé la formation d’un gouvernement d’experts en soulignant qu’il n’avait pas été prélablement consulté par le premier ministre.

Le chef d’Ennahda, Rached Ghannouchi, a déclaré lundi qu’il était essentiel que les islamistes et les partis laïcs partagent le pouvoir aujourd’hui et dans le futur.« Tout gouvernement stable en Tunisie a besoin d’une coalition modérée composée d’islamistes et de laïcs », a-t-il déclaré. Il a ajouté qu’Ennahda pourrait accepter un compromis sur le contrôle de portefeuilles comme la défense, les affaires étrangères, la justice et l’intérieur. 

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