La déferlante des voitures chinoises en Algérie n’est plus un secret. On les voit par milliers dans tout le pays zizaguer dans les longues files de voitures. Femme ou homme, jeune ou vieux, ils sont nombreux les Algériens à avoir jeté leur dévolu sur ces voitures made in China. Et pourtant leur réputation n’est pas parfaite, au contraire certains conducteurs affirment même qu’elles sont dangereuses et mortifères ! 

Cherry QQ, Haima, Giantmotor, ou encore Foryota auront été les stars des routes algériennes ces dernières années. D’autres marques et constructeurs chinois cherchent encore à conquérir le marché algérien. Récemment les groupes Ghabour Auto et Rahmoun ont annoncé la création d’une joint-venture autour de la marque chinoise Geely. Le made in China a définitivement investi le marché de l’automobile en Algérie et partout dans le monde de manière très rapide grâce à ses prix défiant toute concurrence. Aujourd’hui, le marché de l’automobile chinois est devenu le premier au monde dès 2010 et conserve sa place de leader depuis toutes ces trois dernières années.

Les constructeurs chinois ont séduit les automobilistes grâce à toute sorte de nouveaux modèles à bas prix offrant enfin la possibilité à tous les ménages algériens de s’offrir une automobile sans s’endetter. Camion, break, 4×4, citadine ou une sportive… tous les modèles ont été exploités par les marques chinoises et c’est, également, cette diversité qui a convaincu les acheteurs.

Pourtant, si les ventes ne cessent de se maintenir en Algérie, les voitures chinoises ont une curieuse réputation. Elles sont adulées et craintes. On les achète en masse dans le pays mais de nombreux conducteurs sont encore réticents face à ces voitures, les soupçonnant de ne pas assurer une totale sécurité et d’impliquer de nombreux frais de réparation. «Moi-même je n’achèterais pas cette voiture chinoise, elle n’est pas sûre», nous confie un vendeur d’une concession de la marque Cherry QQ. « Il n’y a, bien entendu, pas de problème sur tous les modèles mais parfois certaines voitures fabriquées en Chine présentent quelques défauts de fabrication. Il est même arrivé dans le passé que certaines pièces se détachent et même des roues ! Sincèrement moi-même je ne leur fais pas confiance » explique avec une sincérité étonnante le vendeur.

D’après cet interlocuteur, au moins 1 % des voitures vendues seraient défectueuses. « J’ai acheté ce genre de voitures, et j’ai dû très vite faire plusieurs réparations, alors qu’avec des marques européennes, ça n’a jamais été le cas », précise encore cet employé qui travaille chez le concessionnaire d’une marque chinoise.

Pour quelles raisons ? Ce sont des voitures fragiles, avec lesquelles il est préférable de parcourir des courtes distances et qu’il ne faut surtout pas trop charger, d’après le spécialiste de l’automobile, qui estime que le problème provient certainement de l’assemblage et de la main-d’œuvre. En dépit de ces risques, ces voitures chinoises ont toujours du succès auprès du public algérien, car elles restent les moins chères sur le marché. La Cherry, par exemple commence à partir de 735 000 dinars. Une modique somme en Algérie pour un véhicule bourré d’options. Par ailleurs, en ce moment, les concessionnaires chinois sont les seuls à proposer des facilités de paiement, échelonnées sur plusieurs mois. C’est pour toutes ces raisons que, pour les petits budgets, les marques chinoises sont devenues leur dernier espoir pour acquérir une voiture. Et peu importe si cela comporte de dangereux risques…

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