Les sites gaziers gérés et exploités par Sonatrach et British Petroleum (BP) ont été exposés à des menaces terroristes bien avant l'attaque lancée contre le complexe gazier de Tiguentourine. En 2012, un groupe terroriste avait envoyé un courriel aux responsables de la base logistique de British Petroleum située à Hassi Messaoud dans la wilaya d'Ouargla, a-t-on appris de sources bien informées.  

Dans ce long courriel, les terroristes ont menacé directement de s'en prendre aux sites gaziers de BP si cette compagnie britannique n'arrêtait pas de collaborer avec Sonatrach dans l'exploitation des ressources gazières du sud algérien.

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Selon nos sources, l'auteur de cette lettre de menace a donné des informations très précises sur ce qui se passait à l'intérieur du site gazier de Krechba, situé près d'El-Goléa dans la wilaya de Ghardaïa.  Pis encore, cette menace prenait clairement des accents séparatistes car dans ce courriel, "il y avait des longs passages sur la nécessité de préserver les richesses du sud contre les prédateurs originaires du nord de l'Algérie", nous apprennent encore nos sources d'après lesquelles l'auteur de cette lettre n'a pas cessé de souligner que "nous sommes un groupe armé bien entraîné". "Il ne faut pas nous prendre à la légère. Telle a été la phrase avec laquelle le rédacteur de cette lettre commençait chaque nouveau paragraphe. Le plus étonnant est que cette lettre a révélé des détails d'une précision impressionnante sur certains aspects de la vie quotidienne de la base de vie de Krechba. Les éléments de ce groupe terroriste faisaient donc certainement partie des employés de ce site gazier", nous a-t-on expliqué.

A BP, la menace était prise très au sérieux. Mais ce n'était guère le cas pour Sonatrach. Les managers de BP à Hassi Messaoud, à la suite de cette lettre de menace, ont adressé un long rapport à la direction générale de Sonatrach à Alger où BP demande un renforcement du dispositif sécuritaire autour de ces sites gaziers, des  joint-ventures Sonatrach-BP. Mais à cette demande, et à ce rapport, la direction générale de Sonatrach n'a jamais donné une réponse précise. Par conséquent, des longs mois s'écoulèrent sans que rien ne soit fait pour prendre en considération cette menace.

D'autre part, nos sources ont confié que BP avait affiché ses inquiétudes quant à l'atmosphère pensante qui régnait sur le complexe gazier de Tiguentourine. En 2012, durant plusieurs mois, un mouvement de grève mené par près de 300 employés a perturbé les activités de ce complexe. Ces employés, en majorité des chauffeurs et des agents de sécurité originaires d'In Amenas, ont réclamé leur "assimilation" par Sonatrach comme la plupart des agents contractuels originaires du nord du pays. Chose que Sonatrach a refusé. La compagnie nationale d'hydrocarbures s'est contentée d'augmenter leurs salaires de 10 % en plus d'une augmentation de leur prime de zones. Beaucoup des grévistes n'avaient pas accepté cette solution et ont fini par être licenciés. Le mouvement de protestation a pris fin un mois avant l'attaque terroriste survenue le 16 janvier dernier. Or, parmi les membres du commando terroriste qui a mené l'attaque contre le complexe de Tiguentourine, on a retrouvé un ancien chauffeur faisant parti du groupe des employés non assimilés par Sonatrach....