Ali Benouari veut faire de l'Algérie un pays développé au bout de 20 ans. L’ancien ministre du Budget sous Ahmed Ghozali, qui a fait une déclaration publique de candidature ce matin à l’Hôtel El Djazaïr, a fait connaître les grands axes de son programme.

L’expert financier, qui vit entre l'Algérie et la Suisse durant ces 30 dernières années, préconise la fondation d’une deuxième République. « Il ne sert à rien de faire le procès de l’actuel système. C’est l’échec total depuis 1962. Il est donc temps de tout changer », a déclaré Ali Benouari devant la presse nationale. La fondation de cette autre république, qui se basera sur un régime parlementaire, nécessite « une période transition de cinq ans ». « La création de la 2ème République Algérienne est un objectif réaliste. Elle résultera d’un processus qui s'étalera sur plusieurs années, même si certaines réformes interviendront très rapidement, dès 2014. Le choix de ne pas se presser pour élaborer et adopter une nouvelle constitution se justifie par le souci de réunir le maximum de conditions favorables avant de passer à un système politique complètement nouveau. La transition douce, pacifique, est préférée au changement brutal. C’est dans 5 ans que le pays adoptera de nouvelles institutions complètement nouvelles », déclare le candidat à la candidature.

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Sur le plan économique, Ali Benouari prône une économie totalement libérale, mais avec un Etat fort. Il a dénoncé par exemple la règle des 51/49%, mais en même temps, il estime qu’on ne peut « pas accorder des exonérations fiscales à des gens qui ne paient même pas leurs impôts ». Le candidat propose également une solution pour faire entrer les fonds détournés et le change parallèle dans les circuits formels.

S’il est libéral, Ali Benouari ne veut pas oublier les couches sociales les plus défavorisées. Selon lui, il faut réformer le système de subventionnement. « On ne peut pas continuer à subventionner tout pour tout le monde », a-t-il dit. Même pour le logement social, Ali Benouari a sa recette : aller vers « une aide personnalisée » au loyer.

Mais avant cela, Ali Benouari devra franchir l’écueil des 60 000 signatures qu’il doit récolter dans au moins 25 wilayates. La tâche ne semble pas être de tout repos, selon des membres de son staff.

 

Essaïd Wakli