Plusieurs associations ainsi que le parti politique Jil Jadid, emmené par Soufiane Djilali, présent à la manifestation de Barakat ! ce jeudi, ont dénoncé la répression musclée du rassemblement anti-4ème mandat.

La main levée, le signe « V » de victoire dessiné par ses doigts, Soufiane Djilali, président du parti politique Jil Jadid, qui a annoncé vendredi 28 février le retrait de sa candidature, était présent à la manifestation de ce jeudi, organisé par le mouvement Barakat ! sur la rue Didouche Morad à Alger. Seul ex-candidat à l’élection présidentielle à avoir fait assisté au rassemblement anti-4è mandat, Soufiane Djilali, posté au niveau de la faculté centrale, entouré par de jeunes membres de la direction de son parti, a préféré garder le silence, ne faisant aucune déclaration sur place et ne reprenant pas le slogan des militants, le fameux « Barakat ! Barakat ! ». C’est sur son profil Facebook, quelques minutes après s’être retiré de la foule, que Soufiane Djilali s’est exprimé pour dénoncer la réponse musclée et répressive des autorités algériennes :

L’expression populaire, pacifique, sous forme d’un sit-in ce jeudi 06 mars à Alger, a été violemment réprimée par les forces de sécurité. Plusieurs personnalités ont été brutalement arrêtées parmi lesquelles des dirigeants politiques, des directeurs de médias, des journalistes, et de simples citoyens y compris des personnes âgés.

Le clan présidentiel panique à l’idée que l’intelligentsia algérienne se mobilise et refuse le processus de renversement de la République au profit d’une caste oligarchique autour d’un homme invalide, malade et qui a mis son amour propre au-dessus de celui de la nation.

Jil Jadid se range aux côtés du peuple qui conteste cette usurpation et dénonce les intimidations policières systématiques contre les manifestants.

Même son de cloche du côté du Rassemblement Action Jeunesse (RAJ), qui condamne ce jeudi 6 mars « la violence » et les « atteintes policières aux droits humains » lors de la manifestation anti-4è mandat de Bouteflika. Mais surtout, le RAJ accuse les services de sécurité d’avoir empêché la manifestation, de l’avoir étouffé dans l’œuf. « A peine arriver, à peine embarquer dans les fourgons cellulaires de la police prête pour la circonstance », déplore le RAJ dans un communiqué, publié quelques heures après la dispersion de la foule, attroupée rue Didouche Morad. Pire, le RAJ reproche au pouvoir « de mener le pays vers le précipice » et de « prendre le risque de se faire débarquer par les violences qui risquent d’arriver en réponse à sa propre violence ». La première victime de cette politique risquée ? La population algérienne. « Le problème est que toute l’Algérie risque d’en pâtir en ces moments d’incertitude (…) Mais, n’est-ce pas là ce que souhaitent certains ! », sous-entend le RAJ, qui appelle « tous les acteurs à la vigilance ».

Autre acteur de la société civile à prendre la parole pour dénoncer l’ampleur de la répression et le nombre d’arrestations, à savoir une cinquantaine sur à peine une centaine de manifestants présents ce jeudi place Audin : la Ligue algérienne des Droits de l’Homme (LADDH). C’est avec la « plus grande énergie » que l’organisation présidée par Noureddine Benissad dénonce « cette ultime atteinte à la liberté d’expression et de rassemblement garantie par la Constitution algérienne et les Conventions internationales ratifiées par l’Algérie ».

Enfin Ali Benflis a réagi en fin de journée à travers un communiqué de presse dans lequel il condamne la répression des manifestants. L’ex-premier ministre qui pourtant est à l’origine du décret interdisant les activités publiques, marches et rassemblements en Algérie, signé en 2001, a rappelé qu’en revanche « la liberté de manifester pacifiquement est garantie par la Constitution et cette répression ne garantit guère un climat de sérénité en cette période électorale. »

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