Plus de 8.000 personnes ont assisté au premier meeting des boycotteurs à Alger le 21 mars. Photo : Djamila Ould Khettab

Les partis politiques, composant la coalition du boycott de l’élection présidentielle, restent unis, quatre jours après le scrutin du 17 avril. Le front du boycott cherche même à s’élargir à toutes les forces politique d’opposition « crédibles » et tend la main au candidat malheureux Ali Benflis.

Pour la coalition du boycott de l’élection présidentielle, le 17 avril ne marque pas la fin de la lutte politique. Les six partis qui ont appelé à l’abstention, pour rappel El Adala, Ennahda, Jil Jadid, MSP, RCD ainsi que l’ex-candidat et ancien Ministre Ahmed Benbitour, restent mobilisés. Ils souhaitent, en outre, élargir le front du boycott à « tous les partis de l’opposition crédibles et aux personnalités politiques actives », indique la coalition dans un communiqué, rendu public dimanche.

« L’objectif principal est d’ouvrir la conférence nationale, qui déterminera les grands axes de la transition démocratique, à toutes les personnalités politiques, toutes les tendances politiques et tous les acteurs de la société civile de l’opposition », souligne Dr Sofiane Sekhri, porte-parole du parti Jil Jadid. Il précise : « La conférence nationale aura lieu entre fin mai et début juin », le temps de terminer les négociations internes sur l’élaboration de la feuille de route, qui structurera ce rassemblement. Depuis le 23 mars dernier, soit le jour officiel du lancement de la campagne présidentielle, une commission, où siègent trois représentants des partis politiques membres du front du boycott, prépare ce rendez-vous. « Tous ceux qui se reconnaissent dans ce projet sont les bienvenues », affirme, de son côté, Réda Boudraa, cadre du RCD.

« Benflis n’est plus le fils du système »

Ali Benflis compris ? « D’après les résultats qu’il a obtenu [ndlr 12% des voix], c’est sûr Ali Benflis n’est plus le fils du système bouteflikien« , avance le porte-parole de Jil Jadid. Il continue : « Nous partageons plusieurs points communs avec Ali Benflis, une même vision du changement ».

Au sein de la coalition du boycott, on voit donc d’un bon oeil une éventuelle participation de l’ancien Premier ministre à la conférence nationale des boycotteurs. « Si une personnalité comme Ali Benflis entre dans la coalition des boycotteurs, alors la famille du changement sera plus forte », se réjouit Sofiane Sekhri. Mais pour l’heure, « aucun contact direct » entre la coordination des boycotteurs et Ali Benflis, qui a annoncé la création de son propre mouvement politique, n’a été établi, assure plusieurs sources concordantes.

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