Comme il fallait s’y attendre, le projet de Loi de finances 2015 classe le ministère de la Défense en haut du tableau en termes  de budget de fonctionnement. Et le département des Moudjahidine continue de percevoir une enveloppe budgétaire plus importante que celle de ministères clefs, tels que la Recherche scientifique, l’Enseignement supérieur et la Justice.

Avec plus de 1.000 milliards de dinars (1.047.296.000.000 DA),  soit environ 12,9 milliards de dollars US, le département de Ahmed Gaïd Salah, vice-ministre de la Défense, chef d’Etat major, est ainsi le plus budgétivore de tous, selon les chiffres de l’APS. Loin derrière tous les autres.

Le fonctionnement de l’armée coûte ainsi plus cher que l’Education nationale, ministère auquel l’exécutif prévoit d’allouer un budget de moins de 750 milliards de dinars ( 746.643.907.000 DA).

En d’autres termes, faire fonctionner 516.000 militaires (512.000 militaires engagés, tous corps confondus, et 400.000 réservistes, selon les estimations du site Global Fire Power) nécessite 3,7 milliards de dollars de plus qu’éduquer et assurer une instruction à près de 8,6 millions d’élèves, répartis sur les trois paliers.

Si l’exécutif avance le caractère « vital » de la Défense nationale pour défendre son projet de répartition de l’argent public, comment peut-il justifier son choix d’accorder un portefeuille plus conséquent au département des Moudjahidine ( 252.333.450.000 DA, soit 3,1 milliards de dollars) que celui des ministères de la Justice (923 millions de dollars), des Transports (1, 2 milliards), de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique (371 millions de dollars) ou encore de la Culture (318 millions de dollars ) ? Par la « légitimité historique » peut-être. Ce gros portefeuille devrait permettre de financer les largesses et grands privilèges dont bénéficient nos anciens maquisards et leurs ayants droits. S’acheter des voitures financées en bonne partie par l’ensemble des contribuables, entre autres.

Ainsi le fonctionnement du ministère de la Défense et celui des Moudjahidines durant l’année 2015 devrait coûter au contribuable 16 milliards de dollars sur un budget de fonctionnement total de l’Etat s’élevant à 62 milliards de dollars.

Le projet de Loi de Finances 2015, de par la répartition du budget de fonctionnement sur les différents départements ministériels, ne fait que prolonger une tradition bien ancrée dans la politique nationale de dépenses publiques. Cette manière de répartir l’argent du contribuable sur les différents ministères, adoptée par le régime, est destinée avant tout à s’assurer  le soutien de « la famille révolutionnaire » et de l’institution militaire au système et pérenniser sa propre existence.

Yacine Omar

Notez cet article