Le dernier classement 2014 de Transparency International (TI), une ONG d’origine allemande ayant pour principale vocation la lutte contre la corruption des gouvernements et des institutions gouvernementales mondiales, place l’Algérie parmi les 75 pays les plus corrompus. Un classement que l’Association Nationale de Lutte contre la Corruption (ANLC) juge extrêmement indulgenteut égard à la situation de corruption catastrophique dans laquelle se trouve l’Algérie.

Indulgent et loin de refléter l’ampleur de la corruption qui gangrène le système politique et économique en Algérie : voilà comment l’Association Nationale de Lutte contre la Corruption qualifie le dernier classement de Transparency International (TI) qui  donne à notre pays une note de 36 sur 100, et le classe à la 100ème place, soit un recul de 6 places par rapport à 2013 (94ème place). Dans un communiqué, parvenu à notre rédaction hier mercredi, l’ANLC explique le recul du classement de l’Algérie, non pas par une meilleure transparence dans le secteur politique, économique et social et un renforcement des moyens de lutte contre la corruption, mais par «l’augmentation des transactions commerciales  avec les pays  à croissance rapide, la Chine, la Turquie et le Brésil ».

La situation de la corruption en Algérie est catastrophique

S’agissant des transactions commerciales effectuées avec la Chine, l’ANLC juge qu’elles présentent  une opacité  totale. Toutefois, « ce critère reste négligeable  par rapport à la situation de l’Algérie en matière de corruption », ajoute l’ANLC qui dresse un tableau noir de l’état de corruption dans lequel baignent plusieurs secteurs en Algérie. Dans ce sens, l’association, chargée de lutter contre la corruption, s’appuie sur des critères précis pour évaluer la situation sur le terrain. Parmi ces critères, l’association cite : l’impossibilité d’appliquer les dispositions de la Convention des Nations unies contre la corruption  (CNUCC), dans le  contexte politique actuel qu’elle qualifie de non démocratique ; les lois permissives en matière de lutte contre la corruption ; la non-conformité des textes avec la convention de l’ONU, le gouvernement algérien n’appliquant pas ses propres lois ; et le contexte législatif et réglementaire,  qui concrétise  la mainmise de l’organe exécutif sur  les organes élus et les organes de contrôle.

Dressant un sombre tableau de la situation de l’Algérie en matière de corruption, l’ANLC dénonce la corruption dans le domaine politique, l’utilisation du patrimoine public à des fins privées par des agents internes ou externes aux entités publiques, la défaillance de l’administration fiscale caractérisée par la fraude, la corruption dans le programme de soutien agricole et les programmes d’emploi des jeunes et la généralisation des pratiques telles que  les passe-droits et les pots-de-vin. Jugeant la situation de la corruption en Algérie catastrophique, l’ANLC estime que le rapport de Transparency reste loin de la réalité.

Nourhane. S.