L’escroquerie n’épargne rien, ni personne. Le Tribunal d’Alger a traité, la semaine dernière, une information pour le moins inquiétante. Des fonctionnaires ont détourné des pensions de dizaines de personnes handicapées. Ces fonctionnaires trafiquaient des procurations pour récupérer des pensions de centaines d’handicapés. On confectionne de faux documents pour faire vivre des morts et ont trafique ceux des vivants. Les montants détournés dépassent les 4 millions de dinars, à savoir les 400 millions de centimes.

L’information peut s’avérer banale. Mais elle est loin d’être isolée. Car, dans beaucoup de services d’Etat civil, des fonctionnaires falsifient les documents pour s’accaparer des biens et pensions d’autrui. C’est le cas de ces fonctionnaires d’une commune de Haute Kabylie qui se sont rendus coupables de détournements de pensions de retraités. Ces fonctionnaires falsifient ainsi des certificats de vie à des pensionnaires décédés, souvent avec la complicité des familles de ces derniers. Cela permet donc aux descendants et ayant droits de continuer à percevoir la pension de retraite du parent des années après son décès, par le biais d’une fausse procuration établie au profit d’un des enfants du défunt. Pis encore, un homme, aujourd’hui décédé, a continué à bénéficier de la retraite de son frère décédé durant des années. La raison ? Profitant de la ressemblance des deux prénoms, le faussaire, ne possédant pas de documents d’Etat civil, se faisait passer pour son frère décédé. Les soupçons de l’administration n’y ont rien changé. Il a continué à toucher la retraite au-delà de ses 100 ans.

Dans cette affaire, des fonctionnaires, des citoyens et, surtout, des notaires sont impliqués. Autant dire que des complicités sont établies à tous les niveaux de la chaîne de responsabilité.

Essaïd Wakli