Des fatwas improvisées qui s’apparentent davantage à la bêtise. Voilà à quoi nous a habitués le cheikh Chemseddine Bouroubi, Imam autoproclamé dont les shows médiatiques sur Ennahar TV se font de plus en plus extravagantes.

Star de la télé-fatwa en Algérie, le cheikh Chemseddine Bouroubi ne cesse de faire le buzz sur la Toile par ses nombreuses fatwas qui se transforment rapidement en shows médiatiques extravagants. Le prédicateur se substitue, dans une récente fatwa, à un conseiller conjugal en demandant à toutes les épouses d’arrêter de « se parfumer aux oignons » et «de porter tout ce que désirent leurs époux pour les rendre heureux ». «Vous n’avez pas vu toutes ces « bombes » qui circulent dans les rues ? Comment voulez-vous qu’un homme ne perde pas la tête quand il voit de très belles femmes parfumées, habillées de façon osée et qu’il est accueilli chez lui par une femme qui pue l’oignon ? ». Si cette fatwa a été bien accueillie par certains hommes, elle par contre fait sortir nombre de femmes de leurs gongs. Nous avons listé quelques-uns de ses avis religieux dans lesquels le ridicule fait une rude concurrence à la bêtise :

 « La femme n’a pas le droit de lécher la glace dans la rue »

Selon Cheick Chemsou, une femme qui se respecte n’ose pas lécher une glace dans la rue, car cela donne des idées aux « pervers ». Pour le prédicateur star d’Ennahar TV, le fait de manger une glace en public est une provocation que les femmes devraient éviter afin de ne pas s’attirer des ennuis.

 « Il faut pénaliser les femmes qui provoquent les hommes dans la rue »

Incriminer les femmes pour provocation quand elles s’habillent de façon provocante, se parfument ou se déhanchent dans la rue. C’est ce que souhaite imposer Cheikh Chemssou qui a jugé, dans une fatwa antérieure, que la loi n’a rien prévu contre les femmes qui harcèlent les hommes, alors qu’elle réprime sévèrement ces derniers. «Pourquoi punit-on les hommes pour harcèlement sexuel de six mois de prison ferme et on ferme les yeux sur ces femmes qui font de la drague leur loisir préféré », s’insurge le prédicateur fantasque.

Quand Chemsou interprète le rêve d’une algérienne

L’imam ose s’aventurer sur tous les terrains. Il se substitue même à un psychanalyste, en a ayant la prétention d’interpréter les rêves. C’est ainsi le cas d’une jeune femme qui lui a raconté comment chaque soir elle faisait le même rêve, à savoir être en train de faire une partie de pêche en compagnie de ses copines et, à chaque fois, elle pêche trois gros poissons. Et subitement, dans son rêve, un serpent fait irruption et s’en prend à elle pour l’étouffer. Chemssou, comme aime l’appeler les jeunes, ne va pas par quatre chemins pour expliquer à la jeune fille qu’elle est de mœurs légères et qu’elle fait la chasse aux hommes fortunés.

Nourhane S.