« Le Bureau des légendes », la série de Canal+ consacrée aux services secrets français a suscité de nombreuses questions notamment au sein des téléspectateurs algériens. Ces derniers qui ont regardé la première saison de cette série française n’ont pas manqué de s’interroger sur la véracité de certaines intrigues imaginées par le réalisateur et scénariste français, Eric Rochant. 

En effet, le fil conducteur de cette série sur le quotidien des officiers et des agents de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), les services de renseignement français, est le sauvetage d’un certain Cyclone, présenté comme un agent infiltré en Algérie et mystérieusement disparu un soir de beuverie. Cet espion français en poste à Alger a même été remis à un groupe terroriste activant au Sahel par le patron du DRS Algérien ! Un scénario abîmant encore plus l’image de notre pays, et de nos services secrets, qui n’en sort guère grandi. 

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Mais le plus terrifiant pour les Algériens dans cette série qui se veut être très « réaliste » est l’interception de nos télécommunications en direct par la DGSE ! Le réalisateur de cette série qui avait mené un « gros travail de documentation » imagine dans plusieurs scènes l’interception en temps réel et en permanence par la DGSE des connexions GSM des portables algériens. Ce  passage de la série reflète-t-il réellement le traitement réservé à l’Algérie par la DGSE ?

Samedi, sur son site internet, le quotidien français Libération a tenté de trouver des éléments de réponses à cette troublante question en faisant réagir des experts qui connaissent très bien les rouages du renseignement en France. Alain Chouet, un ancien chef du service de renseignement de sécurité de la DGSE, et Eric Denecé, directeur de Centre français de recherche sur le renseignement, estiment que l’utilisation d’un système d’écoutes et d’interceptions du renseignement français contre les citoyens algériens « improbable ». Ces deux experts, qui ne démentent pas pour autant l’existence de cette pratique, considèrent qu’il est « inutile » pour la DGSE de collecter systématiquement les signaux électromagnétiques émis par les ordinateurs ou les téléphones en Algérie.

 « A quoi ça servirait d’engorger les serveurs de la DGSE avec des milliers de bornages téléphoniques anonymes ? Les paternes, tels qu’ils sont présentés dans la série, sont inexploitables. Là, c’est vraiment du cinéma », assure, de son côté,  « un agent du renseignement bien au fait des techniques d’interceptions de la DGSE », rapporte Libération. Ceci dit, les experts cités par ce même média, confirment l’existence des agents « clandestins » tels qu’ils ont été décrits dans cette série. Leur nombre varie entre 100 et 200. Ils sont envoyés à l’étranger pour infiltrer des entreprises ou institutions stratégiques. Combien d’entre-eux opèrent en Algérie ? Le mystère demeure encore entier…