Diplomatie/ Le choix risqué de l’Algérie en Syrie

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L’Algérie franchit un pas dans ses relations avec la Syrie. Pour la première fois depuis le début de la guerre civile dans ce pays, un ministre algérien s’est rendu à Damas et a rencontré, de manière officielle, le président syrien Bachar El-Assad.

Le ministre chargé des Affaires maghrébines, africaines et de la Ligue des Etats arabes a donc effectué, dimanche et lundi, une visite officielle en Syrie. Il y a rencontré le ministre syrien de l’économie et d’autres hauts dirigeants de ce pays, en proie à une guerre civile depuis plus de cinq ans, notamment le chef de l’Etat, Bachar El Assad, qui, il n’y a pas si longtemps, ne pouvait espérer une telle visite.

Tout en précisant que cette visite ne vise ni à attaquer les Etats-Unis et l’Arabie Saoudite, Abdelkader Messahel  a réaffirmé la position de l’Algérie contre l’ingérence dans les affaires internes des autres pays et contre l’ingérence de tiers dans ses affaires intérieures, soulignant que «l’Algérie est un Etat fort par ses institutions et juste, qui écoute les préoccupations des citoyens». «Notre expérience nous montre que le règlement de la crise syrienne  passe par un dialogue nationale inclusif à même de mettre fin à la violence  et garantir la préservation de l’intégrité, de la stabilité et de la cohésion de la Syrie et de la protéger contre toute intervention étrangère», a soutenu  Messahel.

Cette visite d’un ministre algérien de ce rang fait suite à une visite effectuée la semaine dernière, à Alger, par le chef de la diplomatie syrienne, Fouad El-Mouallam. Un signe qui démontre que l’Algérie a fait le choix de soutenir, même indirectement, le régime syrien. Cela même si les autorités algériennes précisent, toujours, qu’elles traitent avec les Etats et non les régimes. Sauf que ce choix risque d’irriter les oppositions au régime syrien.

Essaïd Wakli