Malgré une alliance de tous les instants et une « coopération électorale », le Forum des chefs d’entreprises et le gouvernement ne parlent plus le même langage.

La preuve a été donnée, ce jeudi, lors de l’ouverture de l’Université d’été du Forum des chefs d’entreprises. Devant plusieurs ministres du gouvernement, Ali Haddad s’est livré à une critique en règle contre la politique gouvernementale. Ainsi, pour le patron des patrons, les réformes « ne se mesurent pas au nombre de textes et de déclarations officielles ». Plus que cela, Ali Haddad a tenté d’expliquer ses critiques : « On ne peut faire preuve de complaisance : ce serait une trahison. Il incombe au gouvernement de poursuivre les réformes et de lever les contraintes, mais cela ne peut se décréter d’en haut », a-t-il indiqué.

Auparavant, le président du FCE a expliqué que malgré les discours, la situation n’avance pas. « Nous n’avons pas réussi (…) à enclencher un véritable changement », a-t-il indiqué sous le regard hagard de Abdesselam Bouchouareb, ministre de l’Industrie. Ce dernier a répliqué, visiblement sans convaincre, que  gouvernement est « totalement engagé dans les réformes ». Mais pour expliquer ce que les hommes d’affaires qualifient de « blocages », Abdesselam Bouchouareb parle, lui, de « résistances » au sein de l’administration.

Les critiques de Ali Haddad envers le gouvernement ne sont pas une première. Elles sont souvent formulées par d’autres intervenants dans le domaine de l’économie. Le gouvernement, lui, ne fait que discourir.

Essaïd Wakli