Le financement du système de retraite en Algérie cause un véritable problème. Le nombre des cotisants est largement en baisse dans notre pays. « Dans les années 80, on avait sept (7) travailleurs pour un (1) retraité. Aujourd’hui, ils sont moins de trois (3) à cotiser pour chaque pensionné », a reconnu Abdelmalek Sellal en marge de sa visite de travail dans la wilaya de Saïda.

C’est dire que l’Algérie a profondément besoin d’une réforme de son système de santé. Dans une conjoncture marquée par une crise économique conséquente à la chute des prix des hydrocarbures, nécessitant une rationalisation des dépenses publiques, l’Etat algérien était contraint de suspendre le départ à la retraite sans condition d’âge, explique à ce sujet Sellal. En effet, il n’est plus possible de continuer à maintenir cette disposition, sous peine de porter préjudice aux équilibres financiers de la Caisse Nationale des Retraites (CNR).

Des équilibres réellement menacés car les dépenses de la CNR augmentent vertigineusement. D’après les chiffres communiqués par le gouvernement, le montant de ces dépenses est passé de 797 milliards DA en 2014 à 507 milliards DA pour le seul premier semestre 2016, soit près de 5 milliards de dollars ! Une somme appelée à dépasser les 1.000 milliards DA, soit près de 9 milliards de dollars, au titre de l’année en cours, soit une augmentation de 200 milliards DA, environ deux milliards de dollars, durant cette période de référence (2014-2016).

Ils s’agit donc d’un véritable bourbier financier. Et des réformes urgentes s’imposent. Et pour ce faire, le texte de loi, qui sera soumis pour adoption devant le Parlement prévoit, outre la limitation de l’âge de départ à la retraite, le maintien de la retraite anticipée pour les femmes et les métiers « hautement pénibles », les dispositions d’application devant intervenir ultérieurement. Désormais, les personnes désirant poursuivre leur travail jusqu’à l’âge de 65 ans, pourront le faire avec l’accord de leur employeur alors que ladite loi donne la possibilité aux travailleurs exerçant dans des métiers hautement qualifiés ou déficitaires (qui seront définis par voie réglementaire) d’exercer au-delà de l’âge de la retraite. Ces mesures vont-elles suffire pour empêcher la faillite de notre système de retraites ? Pas si sûr surtout lorsqu’on sait que la caisse nationale des retraites gère plus de 2,8 millions de dossiers de retraites. Un nombre qui va augmenter dans les années à venir.