Focalisé plus que jamais sur sa survie, sérieusement menacée par l’ampleur des ses échecs et de ses frasques, le pouvoir recourt de plus en plus à la manipulation des masses en agitant les épouvantails de la main « étrangère » et la main « intérieure ». Refusant d’engager des changements profonds pour faire évoluer la situation de blocage dans laquelle végète le pays, le régime s’obstine à imposer le statu quo en tétanisant la population.

Pour accentuer la tétanisation de la société, la dernière trouvaille du régime consiste à agiter à nouveau l’épouvantail Ali Benhadj. En effet, des sources concordantes évoquent une directive confidentielle, signée de la main du président de la République et adressée par Ahmed Ouyahia aux différents corps de sécurité, afin de mettre fin aux activités de l’ex-numéro deux du FIS dissous en lui interdisant, notamment tout déplacement hors d’Alger.

À défaut de présenter des alternatives concrètes pour sortir le pays de son immobilisme mortel, le régime joue de manière immorale avec la peur d’une population déjà traumatisée par la guerre civile des années 90 et la tournure dramatique prise par le printemps arabe. La manipulation des élèves des cycles moyen et secondaire par la main étrangère, les pseudos réseaux d’espionnage démantelés récemment à Ghardaïa, où encore cette fameuse force occulte manœuvrant depuis l’étranger pour déstabiliser l’université algérienne, sont autant d’écrans de fumée servis pour éluder les incommensurables échecs dans la gestion du pays.

Cette théorise du complot, invoquant un ennemi invisible face auquel il faut renoncer à l’aspiration au changement pour maintenir la stabilité du pays, est devenue désuète.  Elle ne convainc plus que les tenants du pouvoir totalement coupés de la société. Promue par plusieurs figures du régime, à l’instar du ministre de l’Intérieur, celui de l’Habitat ou encore Ahmed Ouyahia, qui promettent le chaos aux Algériens en cas troubles politiques, cette théorie est perçue par nos compatriotes comme non seulement obsolète, mais totalement ridicule.

Massi M.