L’agression dont a été victime Rachid Nekkaz à Paris, par la main du fils de l’ex-secrétaire général du FLN, Amar Saâdani, remet au goût du jour le débat sur la violence politique en Algérie. Une spécialité dans laquelle excelle l’ancien parti unique. L’histoire de cet appareil politique est en effet jalonnée d’épisodes violents.

Il est vrai que Rachid Nekkaz a été agressé en France. Mais il n’en demeure pas moins que l’agresseur est le rejeton d’Amar Saâdani, ancien secrétaire général du FLN. Un fait qui rappelle les derniers grands évènements violents dans lesquels sont impliqués non seulement de simples militants à l’ambition débordante, mais également des figures du parti qui règne sur l’Algérie depuis l’indépendance.

Ainsi, c’est avec un lâchage de Dobermans (au vrai sen du terme) que  s’est réglée la lutte pour l’élection présidentielle de 2004. Des partisans d’Ali Benflis et d’Abdelaziz Bouteflika se sont souvent affrontés, à coup de coteaux, de jets de pierre et de bagarres acharnées.

En 2007, lorsque Abdelaziz Belkhadem a fait face à un dur mouvement de redressement, ses partisans n’ont pas hésité à recourir à la violence pour faire face aux redresseurs. Le fils de l’ancien secrétaire général s’est impliqué lui-même dans certaines bagarres.

A l’Asemblée nationale, le député d’Annaba, le très controversé Baheddine Tliba, a agressé physiquement Djelloul Djoudi, parlementaire du Parti des Travailleurs qui a pour habitude de s’attaquer publiquement aux «oligarques».

A l’occasion de la conception des listes électorales pour le scrutin local du 23 novembre, des bagarres sont souvent signalées dans certaines régions du pays. Récemment encore, la violence était d’une telle intensité à l’hôtel Moncada de Ben-Aknoun, où étaient réunis les cadres du parti au sujet de la confection des listes électorales pour les prochaines élections locales, que la police a dû intervenir. Là encore, Amar Saadani n’était pas loin…

Rania Aghiles

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