Marc Garanger a officié comme photographe pendant la guerre d’Algérie. Ses portraits de femmes sont exposés jusqu’au 30 août au Musée d’Art moderne d’Alger.

En 1960,  Marc Garanger, une recrue de 25 ans, débarque en Kabylie, dans le petit village de l’Ain Terzine. Il devient rapidement le photographe de son régiment. Quand il arrive en Algérie, c’est la guerre. Six ans que «les évènements d’Algérie», une guerre dont on taisait le nom, durent.

Un jour, le commandant lui demande de prendre en photo des villageois pour réaliser des cartes d’identité. Les villageois et villageoises n’ont pas le choix. Les femmes doivent poser, sans voile, affublées de leurs tatouages, en face d’un mur blanchi à la chaux, raconte le magazine Time.

En dix jours, Marc Garanger a réalisé 2.000 portraits. Faire le portrait des femmes a été une «expérience extraordinaire». Il se souvient de leur regard percutant. Ses photos montrent finalement la rencontre violente entre deux mondes, celui du colonisateur et celui de la tradition villageoise musulmane. La plupart des femmes ont posé sans leur voile alors que celui-ci ne s’enlève que dans la sphère privée. Devant l’objectif, certaines ont peut-être maudit l’ennemi qui se trouvait devant elles.

Lu sur SlateAfrique et sur le Time