Partiellement épargnée par l’impact direct de la crise économique et financière mondiale, l’Algérie est désormais rattrapée par la récession, selon le dernier rapport de la Banque mondiale, Global Development Finance 2009. Les premiers effets de cette crise sur notre pays se sont traduits par une chute de moitié des taux de croissance prévue en 2009. Ces taux devraient atteindre 2,7% en moyenne pour le Maghreb, soit 2,1% en Algérie.

La croissance du PIB se limiterait à 2,6% dans la région contre une projection supérieure à 6% pour 2009. Plus inquiétant, le rapport de la Banque mondiale avertit que la reprise de l’économie mondiale n’est pas pour demain. Le gouvernement doit être plus vigilant dans la gestion des réserves de changes du pays, puisque les années de vaches maigres devront durer jusqu’à la fin 2011. La Banque mondiale relève que la récession économique a eu des effets dramatiques sur les flux de capitaux vers les pays en voie de développement et, en particulier ceux du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord. «Au milieu de la récession économique mondiale et la fragilité des marchés financiers, les flux nets de capitaux privés aux pays en développement est tombé à 707 milliards de dollars en 2008, une forte baisse d’un sommet de 1,2 billion de dollars en 2007. Les flux de capitaux internationaux devraient encore diminuer en 2009, à 363 milliards de dollars», précise le rapport. Parmi les risques qui guettent les économies en voie de développement et, en particulier l’Algérie, il y a le ralentissement de la croissance qui nécessite le renforcement et l’efficacité de la surveillance du système financier.

La croissance dans les pays en développement devrait augmenter de seulement 1,2% cette année, après 8,1% de croissance en 2007 et 5,9% de croissance en 2008. Quand la Chine et l’Inde sont exclues, le PIB dans les autres pays en développement devrait tomber de 1,6%, ce qui provoque des pertes d’emplois. Cette chute de la croissance va lancer plus de gens dans la pauvreté. La croissance mondiale devrait aussi être négative, avec une contraction de 2,9% attendue du PIB mondial en 2009. «Il y a besoin de restructurer le système bancaire, conjugué avec les nouvelles limites à la politique expansionniste dans les pays à revenu élevé, qui permettra d’éviter un rebond de gagner traction», a déclaré Justin Lin, économiste en chef de la Banque mondiale.

L’Algérie n’est pas à l’abri

Le rapport signale que le PIB des pays en développement du Moyen-Orient et Afrique du Nord avait enregistré un gain de 6% au cours de 2008 grâce à la flambée des recettes pétrolières au cours du premier semestre, mais avec l’avènement de la crise mondiale, le PIB de ces pays devra sévèrement chuter. Pour 2009, la Banque mondiale prévoit une réduction de moitié du PIB à 3,1%. Un retour à la croissance moyenne pour la région (près de 4,5%) n’est pas attendu avant 2011. «Dans l’intervalle, les éléments qui ont soutenu la croissance au cours des derniers cinq ans sont prévus pour se détendre: les prix du pétrole devraient augmenter que modérément, avec une moyenne de 66 dollars en 2011, le marché d’exportation de l’Union européenne restera flasque et le ralentissement des services reçus et des transferts de fonds exigera un péage sur la croissance à la fois pour le développement exportateur de pétrole et la plus diversifiée des économies de la région», lit-on dans ce rapport.

La Banque mondiale précise que les pays en développement du Moyen-Orient et Afrique du Nord, et particulièrement l’Algérie, ont été moins directement touchés par la crise financière par rapport à beaucoup d’autres régions en développement. Toutefois, elle estime que les effets de la récession mondiale commencent peu à peu à rattraper toutes les économies en voie de développement. La première répercussion de la crise mondiale sur la région a été l’effondrement des prix des hydrocarbures d’environ 65%, de près de 150 dollars le baril à près de 60 dollars le baril à l’heure actuelle.

Conséquence: les recettes pétrolières ont chuté drastiquement en 2009. «Les revenus pour les pays en développement exportateurs de pétrole de la région, y compris l’Algérie, la République islamique d’Iran, Iraq, République arabe syrienne et la République du Yémen, ont diminué, passant de 320 milliards de dollars à 140 milliards, soit l’équivalent de 28% du PIB. Cette sévère baisse de revenus, contre le maintien des dépenses à un rythme assez rapide, a causé des déséquilibres budgétaires dans un certain nombre de pays exportateurs de pétrole».

Selon la Banque mondiale, l’Algérie n’est pas à l’abri de la crise même si son secteur bancaire a résisté relativement bien, en partie en raison de sa déconnexion avec les prêts hypothécaires subprime et des titres adossés à des actifs. Pour l’Algérie, les exportations de pétrole ont baissé de 11%, ce qui devra se répercuter sur le PIB avec une baisse en moyenne de quelque 5 points de pourcentage par rapport à 2008.

B.M.
Avec Le Financier
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