49 ans après la fin des essais nucléaires français dans le désert algérien, la Ligue algérienne de Défense des Droits de l’Homme (LADDH) ne cesse de réclamer la vérité sur ce dossier, dénonçant un « crime contre l’humanité » impuni.

À l’occasion de la Journée internationale contre les essais nucléaires, ce samedi 29 août, la Ligue algérienne de Défense des Droits de l’Homme (LADDH) veut attirer l’attention sur l’ampleur des expériences françaises entre 1960 et 1966 et leurs dommages sanitaires irréversibles. Ces expériences ont été réalisées à l’insu des populations locales et, plus de 50 ans après, le nombre exact de tests nucléaires dans le désert algérien n’est toujours pas connu. D’après la LADDH, qui exige la vérité sur ce dossier, la France a effectué « 57 expériences nucléaires en Algérie ». « La vérité nous permettra de faire face aux effets des explosions, notamment le plutonium répandu dans l’atmosphère avec tout ses effets dangereux pour les milliers d’années à venir », estime le secrétaire national de la Ligue, Kaddour Houari, dans un communiqué de presse.

Le nombre exact de victimes de ces essais n’est pas non plus tranché. La LADDH parle de 150.000 personnes potentiellement touchées. Parmi elles, des nomades, des prisonniers et quelques recrues de l’armée françaises. Dans ce document, la Ligue dénonce « l’inconscience de la puissance française qui la poussait à utiliser comme cobayes des milliers d’algériens qui étaient sur place ».

49 ans après la fin de essais nucléaires français dans le désert algérien, ce « crime contre l’humanité » reste impuni, regrette la Ligue. La France n’a pas accompli son devoir de réparation, jusqu’à ce jour aucune victime algérienne n’a été indemnisée. « Le Comité d’indemnisation des victimes des essais nucléaires (CIVEN) a reçu 911 demandes d’indemnisation, seules 16 ont été accordées et malheureusement aucun algérien« , rappelle la LADDH. Et d’estimer que la loi Morin, du 5 janvier 2010, relative à la reconnaissance et à l’indemnisation des victimes des essais nucléaires français est « une véritable gifle à l’Etat algérien ainsi qu’aux associations des victimes qui, depuis maintenant 10 ans, se sont battues et se battent encore pour une loi de réparation et de justice à l’égard des victimes militaires, civiles, algériennes, polynésiennes et françaises.

La ligue rappelle la France à ses responsabilités. Elle demande ainsi à l’ancien colonisateur de contribuer à l’effort de nettoyage des sites contaminés, d’ouvrir les archives militaires et de « cesser de se protéger derrière le secret-défense » ainsi que la reconnaissance du « crime contre l’humanité » commis entre 1960 et 1966 dans le Sahara algérien.

La LADDH interpelle également les autorités algériennes, en demandant la mise en place d’un « registre du cancer dans les régions d’Adrar,  Tamanrasset et Béchar ainsi qu’une « meilleure prise en charge des personnes irradiées, la création d’une structure spécialisée de dépistage et de traitement, en vue d’épargner aux victimes de la radioactivité les déplacements, sur plus de 1.500 km, vers les centres spécialisés du nord du pays ».

Article précédentVols low-cost vers l’Algérie/ Les propositions alléchantes d’une nouvelle compagnie française
Article suivantPasseport biométrique / Les démarches pourront désormais se faire dans les communes