Détournement/Un autre scandale de Transferts illicites de devises éclate à Oran

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A Oran, un industriel bénéficiaire du dispositif de l‘Agence Nationale de Développement de l’investissement (ANDI) a arnaqué plusieurs banques dont Société Générale Algérie, la BEA et l’AGB dans une opération d’importation frauduleuse, a-t-on appris de plusieurs sources concordantes. Cet industriel gère une entreprise de transformation de déchets ferreux appelée la « SCARP ». 

Officiellement, cette entreprise devait installer une usine de transformation de fer dans la wilaya d’Oran, à l’ouest du pays. Après avoir obtenu les avantages fiscaux accordés par l’ANDI, le gérant de cette boite privée se lance dans l’importation des équipements industriels nécessaires pour son usine. Mais, à la grande surprise des douaniers, dans ses containers au port d’Oran, la marchandise importée ne correspond nullement aux équipements industriels déclarés. Le pot aux roses est découvert et ce pseudo-industriel est, en réalité, un importateur véreux qui se cache derrière une activité industrielle pour transférer illicitement des devises à l’étranger. Au moins deux millions d’euros ont été subtilisés ainsi aux caisses de la Société Générale Algérie, a-t-on encore appris. Les responsables de la filiale oranaise de la Société Générale ont été floués par cet importateur qui avait même présenté dans ce dossier l’agrément de l’ANDI. Comment cet importateur a pu obtenir les avantages de l’ANDI alors qu’il menait des activités douteuses ? Aucune enquête n’a été diligentée jusqu’à cette heure-ci pour répondre à cette question.

Toutefois, cet importateur a arnaqué d’autres banques à Oran. Dimanche, le quotidien francophone El Watan a rapporté que la Gendarmerie Nationale avait enquêté sur un réseau d’importateurs dont « deux sont des anciens importateurs de produits ferreux et non ferreux, qui avaient prévu de construire une usine à Oran », explique cette source selon laquelle ces « importateurs ont réussi à réunir la somme de 26 millions d’euros et 5 millions de dollars libérés des caisses de quatre agences bancaires. Ils avaient l’intention d’atteindre un chiffre d’affaires de 124 millions d’euros » pour les transférer illicitement en Espagne à travers des opérations d’importations. Ils sont accusés « d’infraction à la législation des changes », « transfert de fonds à l’étranger », « fraude fiscale », « fausse déclaration douanière » et « négligence ayant entraîné la dilapidation de deniers publics ».

En revanche, les responsables des agences bancaires de la Société Générale Algérie, la Banque de développement local (BDL), la Banque extérieure d’Algérie (BEA), n’ont pas été interpellés et placés sous mandat de dépôt comme il est affirmé dans l’article d’El Watan paru ce dimanche. Ils ont été uniquement « auditionnés » par les enquêteurs de la Gendarmerie Nationale, certifient nos sources.

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