Agacée par l’alignement inconditionnel de la France derrière la position marocaine dans la question du Sahara Occidental, l’Algérie n’hésite plus à hausser le ton devant les responsables de ce pays.

C’est ce qu’a fait, mardi, le ministre algérien des affaires Etrangères devant son homologue français. «Nous avons toujours de bons espoirs que l’administration du président François Hollande va véritablement aider la région à régler cette question dans le cadre de la légalité internationale et dans la satisfaction de la doctrine des Nations-Unies en matière de décolonisation», a déclaré Lamamra, sur un ton ferme, devant un Jean-Marc Ayrault silencieux.

Plus, le ministre algérien a même dit, pour la première fois, que la question du Sahara Occidental constitue un des points de désaccord avec l’ancienne puissance occupante. «Je ne suis pas historien, mais je ne vous cacherai pas que c’est l’un (conflit sahraoui) des principaux désaccords entre la politique extérieure de l’Algérie et celle de la France», a-t-il relevé.

Le message est très fort. Le ministre algérien martèlera en sus: «Nous pensons que la France trouverait absolument un rôle à la mesure de son histoire, de son pouvoir et de ses responsabilités dans le soutien et la conduite d’un processus qui permettra au Maghreb d’aller vers un destin collectif et unitaire avec la satisfaction du droit naturel du peuple sahraoui à l’autodétermination».

Le ministre français s’est, quand à lui, contenté de rappeler que son pays soutient la position des Nations-Unies dans ce conflit.

Ces déclarations interviennent deux jours après une rencontre qui a réuni au plus haut niveau, le Premier ministre algérien et son homologue sahraoui. Une rencontre qui vise avant tout à rappeler à la France que l’Algérie reste imperturbable sur cette question du Sahara occidental. Pis, des sources diplomatiques indiquent que les Algériens comptent désormais évoquer cette question dans leurs discussions avec les Français, y compris dans les accords commerciaux et économiques.

Des discussions qui appellent «des vérités» que doivent se dire «des amis», a rappelé Lamamra.

Essaïd Wakli