Lu sur Le Jeune Indépendant

Sur quelque 276 individus impliqués dans des enlèvements cette année, 50 % sont âgés de moins de 25 ans. En 2013, les services de sécurité ont traité plus de 200 cas de kidnapping à travers le pays. Près de leurs domiciles, devant leurs lycées, leurs instituts ou dans des endroits isolés, nombre d’enfants, d’élèves, d’étudiants ont été victimes de rapts orchestrés par des individus agissant généralement en groupe, à bord de véhicules.

L’objectif des ravisseurs demeure principalement l’abus sexuel. Et ce qui inquiète le plus les services de sécurité, à l’instar des parents, tient à la montée du phénomène d’enlèvement d’enfants assassinés par leurs ravisseurs après avoir été sexuellement abusés. Selon un bilan des services de sécurité, plus de 200 cas d’enlèvements ont été recensés durant l’année 2013, ce qui est déjà considéré comme un record.

Parmi les 276 individus impliqués dans ces rapts, 50 % sont ont moins de 25 ans. Il s’agit souvent de sans-emploi qui ont quitté tôt l’école avant de se convertir peu à peu en criminels. Ils sont tous de sexe masculin, indique le même bilan. 187 de ces ravisseurs ont entre 18 et 30 ans, ce qui dénote qu’aujourd’hui, de jeunes hommes sont derrière les enlèvements d’enfants, alors que dans d’autres pays, ce sont souvent des personnes d’un certain âge à être derrière des kidnappings.

D’autre part, la majorité des ravisseurs interpellés font souvent partie de bandes de malfaiteurs en quête de gains faciles. Toutefois, certains cas traités par les enquêteurs de la Gendarmerie nationale ont démontré qu’il s’agit aussi de cas intrinsèques de pédophilie. Ainsi, la pédophilie, ce mal dont beaucoup de pays souffrent, est en train de prendre de l’ampleur dans la société algérienne.

Le plus édifiant des exemples sur ce phénomène qui commence à s’implanter de manière très inquiétante en Algérie est celui de Constantine, là où, en mars 2013, deux petits enfants, Haroun et Ibrahim, ont été enlevés par deux jeunes ravisseurs connus pour être de dangereux criminels, avant que ces derniers n’en abusent sexuellement et les assassinent.

Ce crime choquant à plus d’un titre a remis en question le niveau de sanction pénale des pédophiles qui enlèvent des enfants, en abusent sexuellement et les achèvent à coups de couteau.

D’où le durcissement des peines envers ce type de crime, avec l’adoption de nouvelles lois par Parlement algérien. Désormais, tout auteur d’un enlèvement d’enfant sera puni de la peine capitale. Ces deux dernières années, plus de 400 cas d’enlèvements ont été enregistrés à travers le territoire national.

Il s’agit dans la plupart des cas d’enlèvements destinés à obtenir des rançons auprès des parents et proches des victimes, mais également de cas pédophilie et de règlements de compte (l’affaire Chaïma en est un exemple). La pédophilie est donc devenue une réalité indéniable en Algérie. Ce phénomène, naguère méconnu dans notre société, est en train de gagner du terrain.

Pour preuve, les cas d’enlèvements d’enfants motivés par des abus sexuels, dont font état mensuellement les services de sécurité, ont sèment de plus en plus la psychose dans la société. En effet, pas moins de 84 enfants enlevés en l’espace deux ans ont subi des abus sexuels de la part de leurs ravisseurs.

Ce chiffre qui donne froid dans le dos risque de s’élever dans les prochaines années. Jusqu’à présent, la police et la gendarmerie font face à ce phénomène avec peu d’expérience, sachant qu’aucune section spécialisée en pédophilie n’existe en Algérie, ce qui rend difficile la tâche des corps de sécurité.

La situation est au rouge, selon les prévisions de bon nombre d’observateurs avertis qui expliquent aussi le phénomène des enlèvements par la recrudescence des actes de banditisme, de terrorisme et surtout de pédophilie. Aujourd’hui, les kidnappings d’enfants sont en hausse dans diverses régions du pays, dont la Kabylie en proie à des actes fréquents de terrorisme et de banditisme.

L’histoire de la fillette âgée de 13 ans kidnappée à El-Rahmania, quelques semaines avant le début du mois sacré de ramadhan alors qu’elle se rendait chez son frère, en est l’un des derniers cas enregistrés. Le rapt du fils d’un commerçant de la commune des Ouadhias, à Tizi Ouzou, et tant d’autres cas, révèlent ainsi l’ampleur effrayante que connaît ce fléau ravageur.

Pour la mémoire de Yacine, Farid, Chaïma, Soundous et Samir Les enlèvements d’enfants suivis de leur assassinat par les ravisseurs ont commencé à prendre de l’ampleur en 2011. On se souvient des tristes enlèvements de Yacine de Bordj El-Kiffan, des petits Farid de Tizi Ouzou et Samir d’El-Eulma, et la liste est longue, tous assassinés dans des circonstances presque identiques à ceux de Chaïma (Mahelma) et Soundous (Draria).

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