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Alors que les prix du pétrole continuent leur dégringolade, les perspectives économiques pour l'Algérie en 2015, énoncées mercredi dans le rapport semestriel de la Banque mondiale, ne sont pas réjouissantes. Pour inverser la tendance, l'Algérie doit adopter une série de mesures. C'est ce que préconise cette institution internationale. Décryptage.

Comment mesurer la santé économique d'un pays ? À sa croissance, bien sûr. Sur ce point, en Algérie, les voyants sont plutôt au vert puisque la croissance du pays va passer de 3,3% en 2015 à 3,6% en 2016 et 2017, selon le rapport régional "Afrique du nord et Moyen-Orient" (MENA), extrait de l'étude de la Banque mondiale sur les perspectives économiques mondiales en 2015, rendue publique mercredi 14 janvier.

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Mais ce léger rebond de la croissance de 0,3% du PIB ne suffit pas à rassurer les auteurs de ce rapport, selon lequel, le déficit du solde du compte courant, après avoir connu un déficit en 2014, le premier depuis 15 ans, se creusera davantage. En effet, en 2014, pour la première fois depuis 1999, le solde du compte courant de l'Algérie était négatif. Un déficit chiffré à 3,3% du PIB. Selon les perspectives de la Banque mondiale, il sera de 9,1% du PIB en 2015 et de 9,5% en 2017.

L'économie algérienne est ainsi à l'image de celle de la région MENA, aux yeux des économistes de la Banque mondiale : "la modeste reprise reste fragile". La croissance moyenne de la région n'est effectivement qu'à "peine de 0,8%", contre 4,4% durant la décennie 2000-2010. Ce qui fait dire aux rédacteurs de ce rapport que la croissance moyenne se "situe bien en-deçà du potentiel de la région". Ils regrettent ainsi que des réformes structurelles pour "booster la croissance, baisser le taux de chômage et réduire la pauvreté" ne soient pas encore mises en œuvres dans les pays de la région MENA.

Les subventions énergétiques pointées du doigt

En Algérie, sans surprise, c'est la forte dépendance de l'économie algérienne à ses hydrocarbures qui est pointée du doigt par les experts de la Banque mondiale. Ils donnent des chiffres éloquents : 60% du revenu global de l'Algérie provient de ses matières premières, notamment du pétrole ; l'or noir représente 97% des marchandises exportées par l'Algérie. Or les pays pétroliers connaissent l'une des pires crises de leur histoire. Ce jeudi, le pétrole brut s'échange à moins de 47 dollars. Depuis lundi 12 janvier, le cours du baril est inférieur à 50 dollars, soit son plus bas niveau depuis 6 ans. En l'espace de 7 mois, les prix du pétrole ont cédé sur les marchés internationaux près de 60% de leur valeur. Pour les analystes pétroliers, la chute vertigineuse des cours s'expliquent avant tout par la surabondance de cette matière première sur les marchés.

Dans ce contexte, il est urgent de réformer la politique de subventions énergétiques mise en œuvre en Algérie et dans toute la région MENA, défend la Banque mondiale. "Les subventions dans la région sont importantes et inefficaces", écrivent les auteurs du rapport. Historiquement, cette politique de subventions a été appliquée pour mieux partager les revenus issus de la rente pétrolière mais, en réalité, elle profite davantage et de façon disproportionnelle aux couches les plus aisées de la société, affirment-ils, ajoutant que cette politique accentuent également la pression fiscale sur les pays pétroliers, nuit à l'emploi et à l'environnement et enfin contribue à augmenter le volume du trafic routier, et par conséquence, aux accidents de la route.