L »Algérie veut consommer ses propres produits. « Consommons algérien » est, d’ailleurs, le slogan d’une campagne nationale qui vient d’être lancée ce dimanche à Alger en présence de plusieurs ministres et entrepreneurs algériens. Mais ce slogan sera-t-il réellement concrétisé ou demeurera-t-il uniquement au stade de promesse sans lendemain ?

C’est la question que se posent de nombreux Algériens qui ont assisté au lancement de cette campagne menée tambour battant en vue de sensibiliser les citoyens à consommer les produits nationaux. « En matière de produits agroalimentaires et fruits et légumes, nous avons l’embarras du choix vu la qualité et la variété de notre production nationale. Idem pour les appareils électroménagers et électroniques fabriqués par des entreprises », a assuré à ce propos, lors d’une déclaration à l’APS, le directeur général de la régulation et de l’organisation des activités auprès du ministère du Commerce, Abdelaziz Aït Abderrahmane.

Mais ce dernier, comme le ministre Amara Benyounès ou Abdessalem Bouchouareb, ministre de l’Industrie et de l’Investissement, il n’a guère expliqué concrètement la stratégie qui sera déployée afin d’asseoir la suprématie de ces produits « made in Algéria ». Un objectif qui reste pour l’heure utopique surtout lorsque les chiffres du Centre national de l’informatique et des statistiques des Douanes (CNIS) nous apprennent que rien que les importations de la mayonnaise coûtent à l’Algérie environ 36 millions de dollars ! Si l’Algérie dispose de plusieurs produits agroalimentaires, pourquoi dépense-t-elle 36 millions de dollars en mayonnaise importée ? Ne sommes-nous pas capables de promouvoir une mayonnaise nationale pour répondre aux besoins du marché national ?

A ces questions, aucun haut responsable algérien n’a répondu avec une feuille de route détaillée et précise. Ce dimanche à Alger, nous avons eu droit à beaucoup de slogans et de nombreuses promesses. Abdelaziz Aït Abderrahmane explique qu’il faut « rationaliser les importations des produits qui sont importés avec des quantités qui dépassent les besoins du marché national ». Mais quelles seront les mesures concrètes qui seront prises pour freiner ces importations ridicules comme celles des chips qui ont atteint deux millions d’euros ?

En 2015, le gouvernement algérien peine encore à pondre une stratégie efficace pour relever le défi de la diversification économique. A quoi rime donc le « consommons algérien » si le marché national est inondé par la mayonnaise importée ? « Il faut que l’entreprise algérienne arrive à gagner la bataille de la compétitivité pour préserver ses parts de marché et faire face à la rude concurrence des produits importés », dit, pour sa part, Amara Benyounès. Ce dernier n’ignore pas, pourtant, que tant que les problèmes du foncier industriel, de l’accès au financement et de la qualité management ne sont pas résolus, il sera très difficile aux entreprises algériennes de développer leur compétitivité. Et là encore, face aux véritables enjeux, le gouvernement algérien préfère afficher des slogans au lieu de confectionner des stratégies bien huilées.

Notez cet article