Trente ans après son assassinat, Ali Mecili revient au devant de la scène. L’assassin présumé de l’avocat, proche notamment du leader du FFS, feu Hocine Aït-Ahmed, est candidat du Rassemblement national démocratique (RND) dans la commune de Aït-R’zine, relevant de la wilaya de Béjaïa. Abdelmalek Amellou, resté dans l’ombre depuis une trentaine d’années, a donc décidé de s’investir en politique. Ce qui choque considérablement au FFS.

Dans un communiqué, le Front des forces socialistes  dénonce avec la plus grande fermeté cette consécration du crime et de l’impunité». Le FFS s’appuie sur les aveux du responsable local du RND, Kamel Bouchoucha, qui a confirmé, dans une courte déclaration au journal El Khabar, qu’Abdelmalek Amellou est effectivement candidat à la commune de Aït-R’zine. Il a justifié ce choix par le fait que le militant «a un casier judiciaire vierge». «Le FFS fait de la danse électorale», accuse le responsable du RND.

Mardi dernier, le chef du groupe parlementaire du FFS à l’Assemblée populaire nationale, Chaffaâ Bouaiche, avait accusé le RND d’avoir porté son dévolu sur Abdelmalek Amellou. Mais ni le parti d’Ouyahia ni l’administration n’ont réagi.

Il faut dire qu’officiellement aucun coupable n’est désigné dans l’affaire de l’assassinat d’Ali Mecili. Mais le défunt leader du FFS a accusé formellement Abdelmalek Amellou d’être l’exécutant de l’ordre d’assassiner le célèbre avocat, qui avait entrepris de rapprocher les figures de l’opposition algérienne durant les années 1980, notamment Aït Ahmed et Ben Bella.

Rania Aghiles