Au total, 58% des locataires des logements sociaux ne payent pas leur loyer. Ils sont sommés de régulariser leur situation. Des mises en demeure sont distribuées par les agents de l’Office de promotion et de gestion immobilière (OPGI) en main propre. Les récalcitrants seront systématiquement chassés de leurs habitations.

Crise oblige, l’État semble passer à la vitesse supérieure dans le dossier des dettes liées au non-paiement des loyers des logements sociaux. Pour ce faire, les OPGI ont commencé, partout sur le territoire national, à déployer leurs agents afin de remettre en main propre, des mises en demeure avant le début de l’opération de récupération des biens dont les bénéficiaires refusent de s’acquitter du loyer.

L’OPGI se dit outrée par l’entêtement de nombre d’entre eux à ne pas tenir leurs engagements. Certains n’ont jamais payé un sou de loyers pourtant abordables (entre 600 DA et 2500 DA par mois).

Plusieurs agences se sont plaintes à travers le pays depuis le début de l’opération de l’incivisme. Ainsi, l’OPGI de la wilaya de Khenchela a introduit récemment des plaintes contre 5 000 bénéficiaires qui ont exprimé leur détermination à ne pas payer leurs dettes soutenant que les habitations qu’ils occupent sont les leurs. À Sétif, les dettes cumulées ont atteint les 37 milliards de centimes, ce qui donne un aperçu sur l’ampleur du problème.

Les agents des l’OPGI à l’échelle nationale sont également confrontés au problème des acquéreurs selon la formule du pas de porte (meftah). Ces deniers sont sommés de régler les dettes en suspends. Dans le cas ou rien n’est fait, c’est le propriétaire initial qui devrait rendre des comptes devant la justice. Pour ce qui est du transfert de propriété, l’État compte bien trouver des solutions au problème à condition de régler toutes les dettes.

Ainsi, c’est 58% des locataires des logements sociaux qui risquent de se retrouver à la rue très prochainement. L’État ne compte pas faire des concessions et reste déterminé à recouvrer toutes les dettes accumulées depuis des décennies.

M.M.