L’Algérie a condamné les frappes aériennes israéliennes contre la Syrie, dénonçant une violation de la souveraineté et de l’intégrité territoriale d’un Etat arabe, a déclaré dimanche 5 mai le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Amar Belani.

En 48 h, Israël a mené deux raids aériens sur Damas. Vendredi 3 mai, à l’aube, l’aviation israélienne a bombardé un site situé à proximité de l’aéroport, au sud-est de la capitale syrienne. Et dans la nuit de samedi à dimanche, de nouvelles frappes aériennes ont ébranlé Damas. Des attaques décrites comme « un tremblement de terre » par des habitants du nord-ouest de Damas, qui ont évoqué « un ciel où se mêlaient de manière terrifiante le rouge et le jaune ».

« En état d’alerte très élevé »

L’objectif de cette opération militaire : détruire des armes iraniennes à destination du mouvement chiite libanais Hezbollah, a affirmé dimanche un haut responsable israélien, sous couvert de l’anonymat. « Chaque fois que des informations parviendront à Israël sur le transfert de missiles ou d’armements de Syrie au Liban, ils seront attaqués », a assuré le responsable israélien, en allusion au Hezbollah, le puissant mouvement libanais allié du régime de Bachar al-Assad. «L’armée de l’air est en état d’alerte très élevé, comme elle ne l’a pas été depuis des années afin de répondre à toute éventualité», a-t-il poursuivi. Une confirmation seulement officieuse pour l’instant, étant donné que le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu, ne s’est pas encore exprimé sur les raids menés par son armée.

Les rebelles syriens, « les outils d’Israël à l’intérieur » du pays

La version israélienne a aussitôt été contredite par l’agence de presse syrienne officielle, Sana, qui, de son côté, affirme que cette attaque a en réalité ciblé le centre de recherche militaire situé au nord de Damas, déjà visé par une frappe israélienne en janvier. « Cette nouvelle attaque israélienne est une tentative visant à remonter le moral des groupes terroristes qui reculent sous les coups de notre noble armée », a dénoncé la télévision publique syrienne. Pour le gouvernement syrien, Israël essaye de déstabiliser le pays, en proie à une guerre civile meurtrière depuis plus de deux ans. Ce raid prouve que les rebelles sont « les outils d’Israël à l’intérieur » du pays, a déclaré le ministre de l’Information syrien, Omrane al-Zohbi, mettant en garde la communauté internationale. Elle « doit savoir que la situation dans la région est devenue plus dangereuse après l’agression », a-t-il indiqué.

Vers un conflit régional ?

Ces nouvelles attaques israéliennes risquent de précipiter la région dans le chaos. Israël a effectivement déployé deux batteries antimissiles dans le nord du pays et ordonné la fermeture de son espace aérien dans le nord du pays au moins jusqu’au 9 mai. Signe d’un embrasement de la région du Moyen-Orient ou simple bluff ? Quoi qu’il en soit, cette provocation a fait aussitôt réagir Téhéran. Dimanche, le commandant de l’armée de terre iranienne, le général Ahmad-Reza Pourdastan, a affirmé que l’Iran est prêt à « entraîner » l’armée syrienne en cas de besoin.