“Il y a près de trente ans, le 7 avril 1987, l’avocat Ali Mécili était assassiné à Paris sur ordre des services secrets algériens. Sera-t-il tué à nouveau, mais cette fois par la justice française, qui est aussi celle de son pays ? Car, ne l’oublions jamais, Ali, qui se prénommait également André, était Français et Algérien”. C’est avec ces mots que l’épouse du défunt Ali Mécili, Annie Mécili, exprime son profond chagrin face à “l’impunité pour les crimes politiques” qui règne en France. 

Dans une contribution publiée par le quotidien français Libération, Annie Mécili renouvelle ses accusations contre les autorités algériennes, notamment ce qu’on appelait à l’époque la Sécurité militaire, coupables à ses yeux d’avoir “abattu” Ali Mécili “dans le hall de son immeuble sous des balles algériennes pour avoir aimé l’Algérie”.

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Jeudi, dans une déclaration à l’AFP, l’épouse du regretté Ali Mécili a expliqué qu’elle a contesté devant la cour d’appel de Paris le non-lieu rendu, en novembre 2014, par une juge d’instruction française et demandé que l’enquête reste ouverte. La cour d’appel, devant laquelle le parquet général a demandé la confirmation du non-lieu, rendra sa décision le 10 septembre, nous apprend ainsi l’AFP. “La complaisance des autorités françaises dans ce genre d’assassinats n’aboutit qu’à une chose, c’est qu’ils se reproduisent”, a souligné, pour sa part, l’avocat de la famille Mécili, Me Antoine Comte.

Pour rappel, Ali Mécili, opposant algérien, a été assassiné par balles en plein Paris en 1987. A 46 ans, il était porte-parole d’Hocine Aït Ahmed, le leader du FFS, le plus vieux parti de l’opposition en Algérie. Deux mois après le crime, la Brigade criminelle française avait interpellé un suspect, Abdelmalek Amellou, chez qui les policiers avaient retrouvé un ordre de mission de la Sécurité militaire algérienne. Il avait été relâché après sa garde à vue et expulsé vers l’Algérie avec sa concubine, sur ordre du ministre de la Sécurité Robert Pandraud. Et depuis, la famille Mécili ne cesse de militer pour connaître la vérité sur ce crime politique. Un crime dont elle impute l’entière responsabilité au régime algérien.

Avec AFP